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Dernières nouvelles du milieu

Par Jérôme Pierrat

Petites et grandes bêtes

Le 1er juin, les douaniers de Roissy ont serré un vietnamien en provenance d’Angola et qui rentrait au pays en transportant 42 kilos de pièces d’ivoire. Cinq jours avant, ils avaient saisi, dans un entrepôt du 9-3, seize défenses soit 212 kilos et peu avant 43 kilos à Poitiers dans la voiture de trois hommes…
Déjà, en décembre dernier les gabelous de Roissy avaient découvert 1.500 objets en ivoire soit 95.1 kilos, dans les bagages d’un couple de vietnamiens en provenance d’Addis Abeba et transitant vers Hanoï. Le biz est rentable : le kilo est revendu mille euros et jusqu’à sept fois plus selon le nombre d’intermédiaires. On comprend mieux pourquoi 50 000 pachydermes sont braconnés chaque année. Selon l’Onu, le braconnage et le commerce d’espèces sauvages protégées est la quatrième plus grande activité criminelle internationale juste après le trafic des armes, de drogue et d’êtres humains. Ce commerce illégal pèse 20 milliards de dollars par an dont trois milliards pour l’ivoire.
Le trafic de ce dernier est contrôlé en Afrique par une poignée de gus, voire un ou deux. L’un de ces messieurs, Feisal Mohamed Ali, s’est d’ailleurs fait “sauter” en décembre 2014 à la suite de la découverte de plus de 2,1 tonnes d’ivoire dans un entrepôt (228 défenses). Feisal était installé à Mombasa au Kenya, un port où transite la quasi-totalité de l’ivoire et qui est considéré comme la plus grande plaque tournante du trafic
Outre les barons africains, on retrouve à la manoeuvre des asiatiques, principaux consommateurs : des chinois et surtout des vietnamiens qui biznessent également la corne de rhino et les écailles de pangolin, le mammifère le plus braconné au monde.
En juillet 2014, plus de deux cents kilos d’écaille avaient été saisies à Roissy. Comme la corne de rhino, l’écaille de pangolin est en kératine… comme nos ongles… et supposée guérir un tas de trucs…
En France, c’est la civelle (alevin d’anguille, espèce protégée) pêchée dans la Loire qui fait l’objet d’un trafic à raison de deux à trois cents euros le kilo.
La semaine dernière, les gendarmes ont arrêtés une équipe de voyageurs qui en envoyaient par lot de cent à cent cinquante kilos en Espagne.
Il y a quinze jours, la guardia civil tombait d’ailleurs un réseau proche de la mafia chinoise, dont certains membres étaient connus pour trafic d’armes, qui en avaient envoyé plus de deux tonnes pour quatre millions d’euros.

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Du rififi sur la Costa del sol

L’affaire Sofiane Hambli, ce trafiquant de H présenté comme le numéro un français dont nous avons déjà longuement parlé ici, provoque un véritable séisme en Espagne, et plus particulièrement dans le sud, sur la Costa del sol, le hub commercial du bambou marocain. Pour mémoire : il est accusé par les douaniers, qui ont saisi plusieurs tonnes censées lui appartenir, d’être un indic de l’Office des stups. Conséquence : les flics espagnols se méfient de leurs collègues français depuis que l’informateur des douanes a accusé en gros les poulets français de jouer avec le feu en pactisant avec Hambli et par conséquent la coopération internationale entre les deux pays est en berne. Et les indics de la PJ ne veulent plus bosser de peur que leurs noms ne sortent dans la presse…
Bref, c’est un joyeux foutoir et les trafiquants, eux,… se régalent. Ils n’ont jamais été aussi tranquilles pour biznesser !

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« Coco » de synthèse

Les stups de Marseille ont tombé un réseau de cocaïne de synthèse et mis la main sur 80 kilos de marchandise. La came fabriquée sans coca végétale, mais uniquement avec des produits chimiques achetés en Chine, était tournée dans des appartes ou des arrière-salles de bar.
Les « condés » suspectent une figure bien connue des quartiers nord d’avoir orchestré ce trafic à distance depuis sa cellule : Nicolas Bengler, 33 ans. Le garçon est avec son frère aîné François, 35 ans, originaire de la cité des Cèdres dans le 13e qui compte pas mal de gitans sédentarisés. Le duo est « dedans » depuis décembre 2010, lorsque plus de deux cents policiers ont délivré un buraliste (que les frangins désignent comme étant un trafiquant de stups) séquestré, en attendant la rançon d’un million d’euros demandée, dans une chic villa de Celony dans la banlieue d’Aix.
L’équipe Bengler s’y était mise au vert dans plusieurs villas pour traiter ses affaires discrètement, loin des quartiers.
Les policiers de la PJ étaient alors sur les talons des Bengler depuis trois ans, les soupçonnant de monter en puissance dans le trafic de stups, d’être devenus des importateurs depuis l’Espagne, et de vouloir devenir les interlocuteurs privilégiés et incontournables des patrons de réseaux, voire de mettre carrément la main sur nombre d’entre eux.
Ils sont d’ailleurs mis en examen pour homicide volontaire pour le meurtre de Jean-Michel Gomez à la cité du Clos-la-Rose dans le treizième, un guetteur rabatteur de seize ans, abattu à la kalachnikov le 19 novembre 2010. Ce que nient farouchement les frères, dénoncés dans ce dossier par des témoignages sous X. La police les soupçonne, dans le même registre, d’avoir été partie prenante d’une guerre en 2008 et 2009 contre une équipe concurrente pour la maîtrise du deal de la cité des Lauriers. Depuis leur présumée victoire, ils auraient géré à distance le biz via un de leurs cousins. Ils sont d’ailleurs mis en cause dans plusieurs dossiers de règlements de comptes, mais pour lesquels ils ne sont que sous contrôle judiciaire.
Vrai ou pas, toujours est-il que dans le treizième, les trafiquants tombaient alors sous les rafales de kalachs.

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La « petite araignée » dans la toile de la justice

Giovanni Tagliamento a été interpellé et mis en examen à Marseille pour fraude fiscale, contrebande, escroquerie et blanchiment. L’homme de soixante ans, surnommé « la petite araignée », est soupçonné d’être le gérant de fait de la succursale monégasque de la société « Lioness Paw » basée au Luxembourg et spécialisée dans la production et la vente de vodka polonaise. On lui reproche des infractions douanières et fiscales liées à des transactions entre la Belgique et la Macédoine. Parmi les autres mis en examen : la fille de Jean-Louis Fargette, caïd du milieu toulonnais abattu en Italie en 1993. Ce dernier était en son temps surnommé “Savonnette” pour sa propension à échapper à la justice. Un surnom qui collerait bien à Giovanni…
Pour la police et la justice, Tagliamento, qui est installé sur la Côte d’Azur depuis trente ans, serait le représentant de la mafia napolitaine, mais malgré de multiples gardes à vue et soupçons – dans l’affaire du casino de Menton en 91, pour le trafic de viande et la fraude aux subventions européennes en 93, pour une histoire d ‘opération immobilière à Beaulieu en 2009… – il n’a jamais été condamné en France. Contrairement à l’Italie où il a passé dix-sept ans en prison.
Il y a un an, il avait été éraflé par une balle alors qu’il était assis à une terrasse de Cagnes-sur-mer en compagnie d’un Croate, qui lui a été abattu par les deux motards qui ont surgi à l’apéro. Une affaire à laquelle il était étranger. Il avait d’ailleurs dit toute son incompréhension et sa surprise sur ce blog !

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Pirates sans frontières

Mercredi dernier, la plus grosse équipe de skimming de ces deux dernières années est tombée… entre les mains des enquêteurs la SR de Pau qui la pistait depuis des mois. Le skimming ? C’est le piratage des distributeurs automatiques de billets et les interpellés n’y allaient pas de main morte ; sur 500 DAB piratés en France en 2015, ils en ont “tapé” près de 400.
A sa tête, trois “cerveaux” : un Italien qui fabriquait les skimmers, un ingénieur basque, et une femme qui gérait les mules chargées de rapporter l’argent de Thailande ou des USA (à raison de 9000 et quelques euros pour chacune, la limite légale en cash), pays où étaient utilisées les cartes avec la France et le Pérou. L’organisation était bien rôdée : certains posaient les skimmers puis envoyaient les données à l’informaticien qui les traitaient, avant de les expédier aux sous-équipes réparties dans les différents pays qui ré-encodaient des cartes vierges et débitaient. Enfin, le blanchiment des sommes en France se faisaient notamment via des tickets gagnants de la Française des jeux achetés avec un bonus à de complaisants joueurs.

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Clairvaux tire le rideau

Il y avait des années que la rumeur courait, cette fois ça y est. Le ministre l’a annoncé au personnel : la Maison Centrale de Clairvaux dans l’Aube va fermer ces portes. Cette institution ne compte – depuis que le Centre de détention a fermé – plus que 160 pensionnaires, tous des longues peines et ses murs ont vu passer de nombreuses figures du milieu depuis son ouverture au XIXe siècle. Et c’est la dernière prison “historique” avec le CD d’Eysses dans le sud. La prison actuelle a été construite en 1971 sur les lieux d’une abbatiale du XIIe siècle.
Puisqu’on “fait” dans l’histoire, rappelons d’où vient le nom de Centrale… Ces prisons pour longues peines, qui se multiplient aujourd’hui sous forme de petites unités pour éviter la concentration de garçons qui ne doivent pas se rencontrer et qui tournent souvent pour éviter les évasions, étaient gardés à l’origine par des soldats de ligne en faction tout autour et elles ont donc été construites au CENTRE des circonscriptions militaires.
En parlant d’évasion, Clairvaux en a connu une célèbre en septembre 1992 lorsque neuf détenus se sont faits la belle entassés dans un camion de la pénitentiaire avec onze surveillants pris en otage. Bilan : deux morts, un détenu et un maton. En 1995, le dernier cavaleur était repris.

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Loi des séries sanguinaires

Alors que le procès de Michel Neyret, l’ex-numéro deux de la PJ lyonnaise, a commencé lundi à Paris, un homme a été abattu par deux hommes à moto de trois balles de 7, 65 à Villeurbanne en banlieue lyonnaise : “Lali”, 38 ans, était notamment tombé pour blanchiment dans un dossier de stups. Il était présenté comme un indic du commissaire divisionnaire Neyret, et d’aucuns y voient une corrélation entre le procès et l’assassinat du garcon déjà menacé alors qu’il était en prison, mais en off Michel Neyret dément l’avoir eu en main. Hasard ou pas, dans tous les cas, dans ce milieu le doute ne profite jamais à l’accusé…
Deux jours après, c’est à Nançy qu’un certain Khaled Arbouze, 34 ans, condamné dans un dossier de go fast en 2005, a été fauché par les balles de deux cagoulés. Tandis qu’à Marseille et dans le Var, cinq suspects ont été mis en examen pour le meurtre en juillet 2014 de Christophe Bourletsis, un varois de 40 ans battu à mort. Tout comme à Grenoble où deux homme sont morts il y a dix jours, et où cinq personnes ont été placées en garde à vue pour la disparition de Robert Maldera.
“Il pazzo”, 55 ans, grande figure du milieu local fiché au grand banditisme depuis 1997, s’est en effet volatilisé le 26 septembre dernier.

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Du miel stupéfiant

A l’occasion d’un bain d’oxygène en Ardèche, il m’est arrivé aux oreilles une info qui parcourt le département où les cannabiculteurs sont nombreux… et les apiculteurs tout autant.
Bref, l’un de ces derniers devraient passer en jugement à Privas le mois prochain… pour avoir produit du miel stupéfiant. A son corps défendant puisqu’il aurait expliqué que ses abeilles avaient malgré lui été butiner dans un champ de beuh planqué non loin de son exploitation. Le pot au miel aurait été découvert par des parisiens parents de deux enfants hyperactifs qui après avoir fait une cure de tartines locales auraient subitement retrouvé le calme… Analyse des pots, enquête des pandorres… et arrestation de l’apiculteur… fictive car tout ceci, chers ardechois, n’est qu’une rumeur !

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Carambouilles…

La petite communauté des carambouilleurs franco-israëliens est à l’honneur en ce moment. Il y a d’abord le procès des soupçonnés Arnaud Mimran et de Marco Mouly (entre autres… ils sont douze prévenus) dans un des dossiers d’arnaque à la “tève” (TVA) sur les quotas de CO2 (dans celui-là il s’agit de 283 millions d’euros) qui se tiendra du 2 au 30 mai à la 14e chambre correctionnelle à Paris, mais comme ces garcons n’arrêtent jamais, les policiers sont actuellement sur la piste d’une équipe qui “fait dans les virements” et s’est payée plusieurs chefs d’état d’africains en se faisant passer pour Jean-Yves le Drian, le ministre de la défense en quête d’argent discret pour payer notamment des pseudos rançons d’espions otages. Les tranferts de fric à l’aide d’un téléphone, c’est d’ailleurs leur nouvelle marotte : il y a eu les faux virements en se faisant passer pour les PDG de grosses boîtes (un film va sortir prochainement sur le sujet) puis, moins connus mais actuels, ceux fondés sur les fausses factures de sous-traitants des sociétés du CAC 40.
On retrouvera tout ce petit monde au détour du procès de Michel Neyret, l’ex-numéro 2 de la PJ lyonnaise qui se tiendra lui aussi en mai. Et sans doute dans les listings des “Panama papers”. Certains d’entre eux ont l’habitude d’abriter dans ce pays leur argent mal acquis où ils se rendent en jet privé depuis leur QG d’Herzelya, banlieue de Tel aviv. Les escrocs y occupent un immeuble entier –avec standardistes complices – d’où ils mènent leurs combines…

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Le bon vieux temps…

Les amateurs d’argot vont être servi avec “Merci monsieur le juge” signé par Gérard Vincent et sorti lundi dernier. Le garçon de 70 ans y narre une affaire qui sentait bon l’erreur judiciaire dans une langue qui respire le pavé parisien. Vincent l’a bien connu le milieu… Grandi dans les Halles d’antan, au milieu de ces dames, il a fini mineur aux J3 à Fresnes où il est tombé en cellule avec Francis Priola dit Francis le Niçois, un “grand nom” dans le mitan. A sa sortie, le Niçois l’a invité à rejoindre François le grec, Marcantoni, le Porte-avions etc… bref ,Vincent les a tous connu en cinquante ans d’encanaillement.
En parlant du milieu d’avant, un de ses représentants nous a quitté il y a sept mois :
“Guy ma gueule”, à peine soixante ans. Figure parisienne, il avait été condamné en 1989 à 20 piges pour avoir flingué par “erreur” un barman de vingt ans dans un bar de la rue Lauriston. Le gamin s’était penché pour prendre un truc dans le frigo sous le bar et Guy ma gueule, plein de coke et d’alcool, avait cru qu’il se saisissait d’un calibre…
Lors de l’un de ses derniers anniversaires, chez “Le poissonnier” à la porte Champerret, le gâteau était en forme de car de police…

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