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Charlotte Gainsbourg dans un porno de Lars Von Trier ? Une histoire de longue date.

Par ovidie le 16 février 2013 1 Commentaire

Charlotte Gainsbourg, dans Nymphomaniac, le prochain Lars Von Trier

Les premières images commencent à circuler, et peut-être en avez-vous déjà entendu parler : Lars Von Trier nous prépare un film qui va encore faire couler beaucoup d’encre. Charlotte Gainsbourg nymphomane dans un film semi-pornographique à la sauce Zentropa, voilà un ovni qui risque de débarquer avec grand fracas dans la très respectable planète du cinéma d’auteur. Et pourtant, rien de bien surprenant puisque cela fait des années que Lars Von Trier rumine ce projet d’inclure la pornographie dans ses films. Et c’était d’ailleurs à ce sujet que je l’avais rencontré, il y a très exactement dix ans.

Lars Von Trier et le porno : une histoire de longue date

Février 2003, il y a dix ans, c’était à Filmbyen, le Hollywood danois, ou plutôt une ancienne base désaffectée où sont installés des studios de tournages, dont ceux de Zentropa, la maison de production de Lars Von Trier. Cela faisait une semaine que j’étais à Copenhague, tournant All about Anna, troisième film pornographique pour femmes produit par Zentropa.

J’étais la seule à avoir un passé X, et par conséquent la seule à qui ils n’ont pas demandé de se déshabiller

Cela faisait des mois que le film était en projet, et j’avais accepté d’y participer, bien que n’étant plus vraiment actrice à cette époque. Je pensais y raccrocher mes gants, et je n’en ai même pas eu besoin. Je ne me suis pas déshabillée une seule fois durant ce séjour à Copenhague. J’étais la seule personne de l’équipe à avoir un passé pornographique, et il fut intéressant de constater que j’étais la seule à qui il n’avait pas été demandé de prestation dénudée. L’idée était plutôt de voir comment des acteurs « traditionnels » pouvaient se comporter dans ce contexte. On peut voir cela comme une phase d’expérimentation.

Lars Von Trier était là, non pas pour réaliser ni pour donner de direction d’acteur, mais simplement pour jeter un oeil, discrètement, brièvement, et probablement mijoter en douce ce qu’allait devenir dix ans plus tard son projet Nymphomaniac. Il portait une veste de survêtement, et semblait être aussi à l’aise que lors d’une conférence de presse à Cannes : autant dire pas du tout. Admettez qu’il faut avoir un certain courage, lorsque on est un réalisateur respecté, pour se risquer à produire des films X.

En matière de pornographie, Jean-Marc Barr n’en est pas à son premier coup d’essai

Il n’est pas non plus étonnant que Jean-Marc Barr fasse partie de l’aventure Nymphomaniac. Ce n’est pas la première fois qu’il travaille avec Lars Von Trier. On peut se rappeler son incroyable interprétation d’acteur dans le cultissime Europa, où il jouait le rôle complexe d’un américain épris d’une « werewolf » allemande dans une ambiance apocalyptique d’après-guerre.

Ce n’est pas non plus la première fois que Jean-Marc Barr s’intéresse à la possibilité d’une passerelle entre pornographie et cinéma d’auteur. Lui et Pascal Arnold ont produit en investissant leurs propres deniers un film hybride, Les chroniques sexuelles d’une famille d’aujourd’hui, sorti en mai de l’année dernière. Le film, sorti en version tronquée sera d’ailleurs diffusé dans les mois à venir en version intégrale et non-censurée sur Canal +.

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On ne peut pas accuser Lars Von Trier de surfer sur une vague sulfureuse ni de vouloir choquer par pur plaisir. On peut se rappeler des utilisations de plans pornographiques dans la scène de « partouze » des Idiots, ou encore de la séquence d’ouverture sous la douche d’Antichrist. Mais là, il semble que les choses aillent bien plus loin. Durant la phase de développement du film, certains investisseurs m’ont fait part de leurs inquiétudes quant aux très nombreuses scènes de sexe. Il ne s’agit plus d’un simple petit plan génital par-ci par-là. A priori, cette fois-ci Lars Von Trier est allé au bout de son idée : réconcilier pornographie et cinéma. On verra ce qu’en dira le CNC lors de la sortie en France.  Mais a priori, ça va être chaud, dans tous les sens du terme. Rendez-vous en mai.