Metro : avez-vous le sentiment que la qualité des produits proposés aux Français tend à diminuer ou à s'améliorer d'année en année ?
Dans la grande distribution la volonté d'améliorer la nourriture quotidienne des Français est claire, même évidente. Ainsi, le jambon est moins cher est bien évidemment meilleur qu'il y a dix ans car il contient notamment moins de colorants. A moindre coût on se nourrit actuellement plutôt mieux car les distributeurs agroalimentaires ont fait effort : les consommateurs d'aujourd'hui sont informés et intéressés par ce qu'il mange. Mais ce qu'il faut maintenant, c'est consommer plus raisonnablement et plus équitablement.

Metro : avec l'augmentation des mauvaises habitudes alimentaires comme les fast-food, les Français n'ont-ils pas perdu le goût de la gastronomie ?
Non, on n'a jamais aussi bien mangé en France. Il y une multitude de propositions, les talents n'ont jamais été aussi variés.

Metro : il est donc possible de bien manger sur le pouce selon vous ?
Aujourd'hui il y a des propositions de snacking que l'on ne trouvait pas il y a dix ans, le rapport cout/plaisir est supérieur. C'est le côté positif, pour moins de dix euros on mange mieux. Et il faut bien apporter une réponse à ce besoin de se nourrir moins cher et plus rapidement. J'ai moi-même lancé une boulangerie épicerie du nom de « Be ».

Metro : on pointe de plus en plus l'obésité en France, selon vous que faudrait-il faire pour y faire face ?
Lutter contre l'obésité commence par moins de sucre, moins de gras et manger localement. Aujourd'hui il est possible de s'alimenter de manière accessible et saine en terme de coût si on mange davantage de légumes et de céréales. Il faut également abaisser dans les assiettes le pourcentage de protéines animales à 20 %.

Metro : vous êtes donc sensible à la dimension nutritionnelle de vos recettes ?
Naturellement, pour un moi menu c'est avant tout un juste équilibre entre le plaisir et sa composition. Et ne pas répéter deux fois le même produit. La nature est suffisamment généreuse dans sa proposition pour savoir composer des menus différents pour chaque saison.

Metro : on parle beaucoup des OGM, à la suite de la parution d'une étude qui a fait polémique...
La question c'est de savoir si ces produits vont altérer notre santé de manière significative. Ensuite, je ferais le choix d'en consommer ou pas. Le plus important est d'être informé. Mais si les OGM permettent de nourrir tous les êtres sur cette planète je ne suis pas contre.