Depuis aujourd'hui, lundi 1er octobre, on ne parle que de cela dans les allées du Mondial : le durcissement du malus écologique provoque stupeur et colère chez les constructeurs et les clients. En cause, l’élévation des montants de l’écotaxe, pouvant atteindre 6000 euros. Si le projet de loi est adopté au budget 2013, le malus s’enclenchera dès le seuil de 135g/km, contre 140 jusqu'à présent.

Officiellement, la plupart des constructeurs ne commentent pas cette future mesure. Chez Jeep, où tous les modèles sont concernés, Philippe Maury, responsable communication, se dit être "en attente du texte définitif". Ailleurs, les langues se délient : "Une telle élévation du malus aurait un impact redoutable. Pas seulement sur les 4x4 ou les grosses cylindrées, mais sur l’ensemble du marché", confie un commercial.

Un vrai impact sur des voitures pourtant économiques

L’acheteur d’un Dacia Lodgy 1,6l essence devrait par exemple s’acquitter de 1500 euros de malus, contre 750 jusqu'à présent. Chez Lada, où le petit 4x4 Niva joue la carte discount avec un prix d’appel à 9990 euros, c’est un malus de 6000 euros, 60% du prix de la voiture, qui frapperait le client au lieu de 2300 aujourd'hui. "Je suis en colère" explique sans détour Lucien Lacroix, directeur commercial Lada France, "Ce sont des centaines d’emplois qui sont menacés dans notre réseau, chez nos sous-traitants. La survie même de notre marque en France est en jeu".

"On risque d’arriver à l’inverse de l’effet recherché en appauvrissant le marché français et au final l’industrie automobile, déjà en crise", prévient-il. En l’état, ce nouveau barème favoriserait les petits modèles, peu générateurs de marges et souvent fabriqués hors de France.