Les ingénieurs français seraient-ils de futurs entrepreneurs ? S’ils n’étaient que 4 % à devenir leur propre patron en 2012 – contre 17 % aux Etats-Unis et 25 % en Grande-Bretagne –, selon les chiffres de l’association Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF), la situation pourrait bien changer. "Lorsqu’on demande aux ingénieurs s’ils ont en tête un projet d’entreprise, 16 % répondent favorablement. La proportion monte même à 25 % pour les moins de 30 ans", rapporte Julien Roitman, président d’IESF.

Industrie, énergie, numérique, transports… Les voies sont nombreuses pour ceux qui souhaitent se faire une place grâce à l’innovation. "Les ingénieurs sont par définition créatifs, formés à trouver des solutions à des problèmes variés et à travailler en équipe. Ils ont aussi un côté pragmatique et réaliste qui leur permet de construire sur du solide", résume Julien Roitman.

Développer sa fibre
Pour accompagner cette évolution, les écoles d’ingénieurs ont adapté leur offre en proposant des modules de formation, de mentorat, ou des incubateurs. Toulouse INP s’est par exemple inspiré du régime sport-études pour créer le statut étudiant-entrepreneur.

L’objectif ? Aider les jeunes à mener de front leur carrière d’ingénieur et la création de leur entreprise. "Nous leur permettons d’aménager une partie de leur scolarité pour qu’ils suivent des modules adaptés à leur projet d’entreprise, ou de bénéficier d’une année de césure pour le développer", explique Alain Ayache, directeur de l’INP-ENSEEIHT (Toulouse). Lancé en octobre 2013, 9 projets sur 10 ont été retenus. "Il y a dix ans, nous comptions seulement un projet de création d’entreprise par an", souligne le responsable.

L’Ecole des mines d’Alès a quant à elle développé un incubateur d’entreprises accueillant 10 créateurs chaque année, ainsi qu’un dispositif de détection et d’accompagnement à la création. "Les jeunes qui le souhaitent peuvent par exemple réaliser leur stage de fin d’études au sein de l’incubateur pour travailler sur leur projet", souligne Michel Ferlut, directeur du développement économique à l’école des Mines Alès. De quoi sauter le pas.