Parce que c'est l'un des plus beaux romans du XXe siècle
Comme L'Attrape-cœur ou Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Martin Eden fait partie de ces romans d'apprentissage qui ne nous quittent plus une fois qu'on les a lus. Jack London a largement puisé dans sa propre vie pour raconter l'histoire de ce jeune marin de 20 ans, issus des bas-fonds d'Oakland, qui décide de devenir écrivain, de "vendre sa cervelle plutôt que ses muscles". Un peu par amour, beaucoup par vocation, Martin étudie comme un fou, crève de faim pour envoyer ses textes aux journaux et aux éditeurs, sans succès. Puis, un jour, il perce enfin. Mais le succès tant attendu le plonge dans la dépression.

Parce que l'histoire de Martin est éternelle
On a beau connaître le roman par cœur, le relire sous forme de BD lui redonne tout son éclat. Le scénariste Denis Lapière a réussi à en extraire toutes les subtilités : la lutte des classes, les préjugés de la petite-bourgeoisie américaine au début du XXe siècle, la découverte enivrante de la culture et du socialisme, l'amour brûlant pour une jeune femme qui préférerait un mari notaire... Les apprentis écrivains se reconnaîtront dans les galères de Martin : les lettres de refus qui s'amoncellent, le doute, la passion contrariée. Paru en 1909, Martin Eden parle encore à toutes les générations en quête d'absolu.

Parce que les illustrations sont des merveilles
Peintre et illustratrice, Aude Samama a déjà signé des biographies illustrées sur Amalia Rodriguez, Rachmaninov ou Pasteur. Pour donner un visage à Martin Eden, elle s'est tout naturellement tournée vers les portraits photographiques de Jack London, qu'on reconnaît avec plaisir au fur et à mesure des cases. Ses grands coups de pinceau, ses couleurs chaudes et son découpage impeccables rappellent le style de Jean-Claude Götting, parfois Miles Hyman. Mais l'ensemble est très personnel, donnant à ce Martin Eden une lumière qui ne s'est jamais vraiment éteinte.