Il y a un an, votre "Allô" dans "Les Anges de la téléréalité" a lancé votre carrière. Comment avez-vous vécu les mois qui ont suivi ?
C'est plus que tout ce que j'avais envisagé. J'ai l'impression que ce ''Allô'' était hier, le temps passe vite, surtout quand on fait des choses qu'on aime. Je suis contente d'en être là aujourd'hui car je n'étais pas sûre de moi. Tout le monde parlait de moi, mais je me demandais 'qu'est-ce que je vais faire?'. Pour toutes les mauvaises langues qui disaient que le buzz serait éphémère, je pense que suis en passe de réussir à en faire quelque chose.

Si vos amies n'avaient pas oublié leur shampoing, vous n'en seriez pas là ?
Je serai cuite ! (rires) Ce sont des choses de la vie qu'on ne peut pas expliquer.

Avez-vous eu peur que ça s'arrête aussi vite que ça a commencé ?
J'avais peur il y a 6 mois. Je me disais : ''je suis en couverture sur tous les magazines, même les plus improbables, mais ça m'apporte quoi ?'' Je n'avais rien à promouvoir. Maintenant, c'est différent, j'ai un projet à défendre. Ça se concrétise et c'est moins éphémère qu'il y a 6 mois.

"Ma mère, on l'a trouvée sur internet"

Justement. A partir de quand l'idée d'''Allô Nabilla" a-t-elle germé ?
Je rêvais de ce programme depuis mes 13 ans. A l'époque je regardais la famille Kardashian et ça me faisait envie. De là à y parvenir un jour... Avec ce buzz, et tout ce que ça a engendré, ça m'a donné les cartes en mains pour le faire.

Ce qu'on va voir sur NRJ 12, c'est votre vraie vie ?
Ma mère, on l'a trouvée sur internet (rires). Avec la famille, on ne peut pas tricher. Quand on est entre jeunes, pendant les "Anges", on joue un jeu parfois. Mes proches, c'est différent. Ils m'ont dit que s'ils acceptaient, ils le feraient jusqu'au bout.

Si l'un d'entre eux avait refusé, vous auriez renoncé ?
Je ne l'aurai pas fait sans mon copain ou ma grand-mère. Je n'aurai pas pu porter un poids aussi lourd sur mes épaules. Si j'avais fait l'émission sans eux, ç'aurait été mentir. Il ne peut pas manquer des personnes qui ont été si importantes pour moi. Si je veux montrer aux gens qui je suis, il faut ces personnages clés.

"J'ai peur que mon frère ne supporte pas la médiatisation"

N'avez-vous pas tout de même peur de les médiatiser ?
J'avoue que j'ai peur encore maintenant. Ce sont des personnes fragiles, qui ne connaissent pas ce milieu. Mon petit frère à 17 ans, j'ai peur qu'il perde pieds. Quand on goûte à la télé et qu'on aime ça, c'est comme si on goûtait à un bon gâteau. Malheureusement, il n'y a pas de parts pour tout le monde et on peut vite être déçu. J'ai peur qu'il ne supporte pas la médiatisation, mais c'était un risque à prendre.

Y a-t-il des moments que vous avez décidé de ne pas montrer ?
Oui et non. Je n'ai pas envie de mentir aux téléspectateurs. Je regarde toutes les télé-réalités comme "Cauchemar en cuisine". Les téléspectateurs savent quand tu mens. Je n'ai pas envie qu'ils ne comprennent pas quelque chose. Et puis au bout d'un moment, on n'arrive plus à savoir quand les caméras sont là ou pas. On ne fait plus la différence entre le "vrai" et le "faux". Ça devient ton quotidien. Et je n'ai pas de complexe.

Etes-vous tout de même un peu briefé par la production lors des tournages ?
Il y a une séquence où ma grand-mère me montre mes jouets d'enfance. Ce n'était pas prévu, ça s'est fait dans mon dos pour plus de spontanéité. En règle générale sur 6 personnes, la production en briefe une et toutes les autres réagissent naturellement. Il y a toujours une petite orientation, c'est une émission et il faut une organisation.

"Je ne suis pas un modèle, mais j'essaie de faire passer des messages"

Avez-vous eu un droit de regard sur le montage du programme ?
Honnêtement, pleins de choses ont été coupées. Quand je me dispute avec Thomas, quand on va trop loin, les gros mots sont coupés. Mais la plupart des choses sont là. Je voulais faire des injections de sang aux États-Unis, c'est hyper marrant et intéressant. On m'a dit : ''non, pas de chirurgie, on fait un programme familial''. Maintenant c'est super agréable à regarder. Si j'avais vu une émission comme ça, il y a quelques années, j'aurais halluciné.

Avez-vous justement l'impression d'être un modèle pour les jeunes filles ?
Non (rires). Je ne suis pas un modèle, mais j'essaie de faire passer des messages dans les médias comme ''ne lâchez pas les études, je le regrette''. C'est compliqué parce je dois toujours être dans le contrôle. Je ne dois pas décevoir, ne pas faire de bêtises. C'est pas mal de pression, mais ça vaut le coup.

Vous dites ne pas être un modèle, mais d'une certaine manière vous prouvez qu'on peut s'en sortir hors du système scolaire...
C'est ça le problème. Comment voulez-vous faire comprendre aux jeunes qu'on peut s'en sortir sans l'école… sans leur dire de ne pas y aller ? C'est subtil. Je suis fière de mon parcours mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas aller à l'école. Dans la vie quand on ne sait pas s'exprimer, on est très mal vu et mal accepté, surtout en France. Alors j'ai appris sur le tas grâce à la télévision, aux journalistes, à la lecture. Je pose tout le temps des questions, je suis un peu chiante. Mais c'est la seule façon d'apprendre du vocabulaire.

"Quand on est jeune, on a toujours tendance à en faire trop"

Est-ce un complexe pour vous de ne pas avoir fait d'études ?
Dans le milieu où je suis, si on ne sait pas s'exprimer, on est cuit, la risée de tout le monde. Le Français est une langue très subtile. Il y a un mot approprié pour chaque contexte. J'apprends sur le tas.

De quoi vous inspirez-vous pour apprendre du vocabulaire ?
Je regarde pas mal d'émissions télé. J'ai lu ''Dune'' (de Frank Herbert - ndlr), un livre de science-fiction, qui est très long à lire. J'ai aussi lu ''La vie devant soi'', le livre de Romain Gary. Il est horrible, mais en même temps tellement cool. C'est l'histoire d'un garçon qui ne part pas avec des jokers en mains, mais qui est un sacré fils de pute ! (rires).

Vous arborez un look moins sexy qu'auparavant. C'est volontaire ?
De 18 à 20 ans, j'étais très sexy. Quand on est jeune, on a toujours tendance à en faire trop. Malheureusement ou heureusement, j'ai été connue très jeune. J'étais un peu "fofolle". Maintenant, je me dis que j'ai le devoir de donner le bon exemple.

"Ce qui m'a le plus blessé ? Quand j'ai lu que j'incarnais la culture du vide''

Cette image sexy a-t-elle gêné votre famille ?
Les membres de ma famille qui sont très religieux, oui. Ma mère et ma grand-mère sont très ouvertes. Pour le reste je parle de toute cette culture arabe, musulmane, dont je suis très fière puisque je m'appelle Nabilla. Le problème, c'est que dans les pays arabes, les gens ont de forts caractères et ils réagissent du tout au tout. Mon père est comme ça. Avec lui ça a été radical.

Avez-vous encore des contacts avec votre famille paternelle ?
Non, plus du tout. Ils ne m'ont jamais contactée. Mais les médias ont essayé de le faire.

Vous avez près de 500.000 followers sur Twitter. Lisez-vous tous les commentaires à votre sujet ? Et comment vivez-vous les critiques ?
On ne peut pas plaire à tout le monde. Comment voulez-vous faire en étant aussi égocentrique que moi ? Mais ce qui m'a le plus blessé c'est quand j'ai lu que j'incarnais ''la culture du vide''. Ça me hante. Avec tout le boulot que je fais... Comment peut-on dire que je suis ''la culture du vide''. Je n'arrive pas à imaginer que je suis vide, même si ça sonne creux des fois. (sourires)

"Si un jour, vous me voyez présentatrice, vous pouvez être triste pour moi"

Maintenant que vous avez votre émission, quel est votre prochain rêve ?
La comédie. C'est mon étape finale. J'ai envie de jouer des rôles décalés, trashes, déjantés. Le domaine où je pourrais vraiment me dépasser et m'épanouir, c'est ça et rien d'autre. Si un jour, vous me voyez présentatrice, vous pouvez être triste pour moi.

Est-ce qu'il y a une actrice que vous admirez en particulier?
Pour moi Marion Cotillard est la meilleure. En actrice française, il n'y a pas mieux. Audrey Tautou est bien aussi, mais après Cotillard. J'aime bien son film où elle se fait bouffer par un orque, ''De Rouille et d'os''. Pendant tout le film, elle te fait croire qu'elle n'a pas de jambes. Elles est forte ! (rires)