Attendu dans les salles le mercredi 7 mai, Au nom du fils peine encore à trouver des cinémas qui acceptent de le diffuser. Il faut dire que le long-métrage de Vincent Lannoo s’attaque à un sujet particulièrement polémique : la pédophilie au sein de l’Eglise catholique. Déjà diffusé en Belgique, pays d’origine du réalisateur, le film avait rencontré un très bon accueil. Mais en France, la distribution s’avère plus compliquée.

Au nom du fils raconte l’histoire d’une mère qui décide de tuer des prêtres à la suite du suicide de son fils, qui vivait une relation sentimentale avec un membre de l’Eglise. Un scénario noir pour un film grinçant, violent, provocateur mais qui utilise malgré tout la carte de l’humour, même s’il s’agit d’humour noir.

Un sujet sensible qui inquiète les exploitants

Face aux premières critiques qui l’accusaient de christianophobie et menaçaient son film de boycott, Vincent Lannoo avait fait un premier pas en modifiant l’affiche de son film. Insuffisant selon les distributeurs, puisque le long-métrage n’a trouvé preneur que dans quelques salles en province. Pire : le film aurait bien pu ne jamais atteindre la capitale.

Dans les colonnes du Nouvel Obs, François Forestier énumère avec stupéfaction les raisons avancées par des exploitants frileux : "Il n’y pas de place", "La réalisation est faible" , "C’est un film fasciste"... Avant que l’un ne finisse par avouer : "J’ai peur des représailles."

En effet, le pitch déplaît profondément à plusieurs groupes de catholiques intégristes, à commencer par Civitas, qui avait déjà beaucoup fait parler de lui dans la lutte contre le mariage pour tous. Le mouvement dénonce "l’antichristianisme, les blasphèmes et la banalisation du meurtre de religieux catholiques".

Mais alors où voir le film ? 

La programmation définitive de ce film ne sera disponible que lundi matin, mais à l’heure actuelle, une quinzaine de salles auraient accepter de diffuser le long-métrage, principalement en province. Ainsi, les spectateurs devraient pouvoir découvrir Au nom du fils dans les salles suivantes :

Nantes : Katorza 
Auch : Ciné 32
Saint Ouen : Utopia
Lyon : Comoedia
Bordeaux : Utopia 
Toulouse : Utopia 
Montpellier : Utopia
Chartres : Enfants du Paradis
Valence : Navire 
Poitiers : Dietrich 
Lille : Majestic 
Rouen : Omnia 
Nice : Rialto 
Angers : 400 coups 

En ce qui concerne la capitale, seul l’UGC Ciné Cité Les Halles devrait diffuser le film. Le groupe UGC a finalement donné une réponse positive, peu après la lettre ouverte du scénariste du film Philippe Falardeau publiée dans Le Film Français. En d’autres termes, les places seront rares.