Baptiste Lecaplain ne perd jamais sa bonne humeur. Même quand il est en retard de quelques minutes à notre rendez-vous, l'humoriste, regard facétieux et dégaine d'éternel adolescent, débarque sans broncher, prêt à en découdre avec notre photographe. "Je n'ai pas vraiment le sourire ultra brite de Ryan Gosling", prévient-il en se marrant. Nous avions rencard dans un Bataclan vidé de ses spectateurs, là-même où Baptiste effectue actuellement les vingt dernières représentations parisiennes de son one man show, entamé en mai 2008. L'occasion de faire le bilan de ces douze derniers mois, pendant lesquels le Normand est devenu une des valeurs montantes de la comédie française, avec notamment une prestation remarquée au cinéma dans Nous York.

Les copains d'abord

Cette aura médiatique, l'intéressé la doit surtout à son rôle de colocataire collant dans Bref, gros carton sur Canal+. D'ailleurs, les acteurs de la série sont tous amis dans la vraie vie. En 2008, à l'époque où Baptiste effectuait ses premiers pas dans une petite salle du XVIIIe arrondissement de Paris, Bérengère Krief, qui joue le plan cul du héros, travaillait comme caissière dans le même théâtre. Quant à Kyan Khojandi, l'acteur principal, c'est tout simplement le meilleur pote de Baptiste. "On se sent tellement seul sur scène que c'est bon d'appartenir à une troupe d'humoristes avec qui tout partager, savoure le comique de 27 ans. On a déjà parlé de faire un spectacle à plusieurs, Kyan et Navo ont une bonne idée qu'ils ont déjà testée sur scène, mais il faudrait que l'on trouve le temps."

Toutefois, avant de s'éclater tous les soirs à guichets fermés, Baptiste a longtemps cru qu'il exercerait un métier "normal", celui d'animateur pour enfants ou pour personnes âgées. "A l''époque, je n'avais pas les clés pour me prendre en main, parce que je n'ai jamais pris de cours de comédie. Mes potes m'ont toujours poussé à le faire, mais je ne percutais pas."

Il prépare déjà le prochain spectacle

Bien lui en a pris au vu de son aisance sur scène, où il se mue en véritable boule d'énergie incontrôlable, capable de se glisser dans la peau d'un spermatozoïde, de discuter avec une girafe imaginaire ou de se lancer dans d'improbables numéros de mime. Mais le comique sait que le vent peut toujours tourner. "Je suis conscient que la carrière d'un humoriste est de plus en plus courte, qu'on a vite fait de considérer comme ringard un tel ou un tel", confie le jeune homme, qui a déjà écrit une bonne partie de son prochain spectacle. Surtout que le métier lui semble vital, tant il fait rire comme il respire. "Ma meilleure sensation restera toujours quand je trouve une bonne vanne, c'est une vraie drogue !"

Jusqu'au 3 mars au Bataclan,  50 boulevard Voltaire, 11e. Du mercredi au samedi à 20h30. Dimanche 3 mars à 18h30. De 20,60 à 42,60 euros.