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Créé : 12-10-2013 10:30

Benjamin Clementine, chanteur pas classique

RENCONTRE - Les chansons de Benjamin Clementine ressemblent au printemps 2013, tempétueux et parsemé d'éclaircies. Le chanteur multi-instrumentiste couche ses tourments sur un mini-album ténébreux et touchant. Portrait d'un artiste à suivre.

Le chanteur-pianiste Benjamin Clementine, révélation du printemps avec trois titres fulgurants 
Le chanteur-pianiste Benjamin Clementine, révélation du printemps avec trois titres fulgurants  Photo : Micky Clément

"Pour comprendre ma musique, il faut se laisser surprendre", prévient Benjamin Clementine. À seulement 24 ans, le chanteur publie son premier mini-album Cornerstone. On y découvre trois titres délicats, épanchements très intimes sur déluge de piano. Sa formule musicale s'est rôdée sur la ligne 2 du métro parisien. "À l'époque, je m'accompagnais à la guitare. Je sais jouer de tout, mais le piano est mon instrument de prédilection", dit-il dans un anglais raffiné, d'une voix douce qui contraste avec la puissance de son regard et de son corps musculeux. Depuis son arrivée à Paris, de son Royaume-Uni natal, il y a deux ans et demi, tout est allé vite.

Son destin – il a été repéré dans le métro par un producteur et signé sur le jeune label parisien Behind – fait penser à un autre artiste doué, l'inventeur du blufunk Keziah Jones. La comparaison avec le talentueux Nigérien s'arrête là. Dans Cornerstone, Clementine dessine un univers particulier, navigant entre classique et textes poétiques. Sa voix, alors grave, solennelle chante ses errances, ses ruptures, ses mille vies. "Je suis le plus sincère possible. J'ai développé une écriture du ressenti, très physique", dit cet esthète dont l'inspiration vient de la poésie anglaise autant que du nom des rues parisiennes. L'exilé volontaire n'oublie pas son pays d'origine, avec lequel il entretient des relations complexes. Il dédie un des titres, London, à la capitale britannique, cocon au creux duquel il a bâti ses compos piano-voix.

Chanter hors cadre

"Ce sera toujours chez moi. Il fallait que je parte. Je ne me sentais plus bien auprès des miens", dit-il sans s'étendre. Au cours de son adolescence british, très solitaire, il s'exerce à jouer Bach. Juste à l'oreille, jusqu'à l'obsession. "Mon grand frère me laissait utiliser son clavier. Mes voisins n'en pouvaient plus !" L'autodidacte avoue un penchant pour Nina Simone et Leonard Cohen. Aussi l'inclassable s'irrite quand on le range dans une case. Il est noir mais ne fait pas de soul, ni de musique africaine. "Même si j'en écoute", précise-t-il, agacé.

Lire les commentaires émus de son public, féminin mais pas que, sur les réseaux sociaux, prouve que sa musique sensible plaît. Son physique avantageux, également. Il dit ne pas y penser. Mais son attitude oscille entre séduction et pudeur. Un paradoxe vivant, comme ce mini-album, carte de visite dont les données ne sont pas définitives. "Je ne veux pas m'enfermer dans un registre", conclut-il, plein de projets, comme celui de jouer avec un orchestre sur scène ou d'introduire toujours plus d'électro dans sa musique. Surtout, qu'il continue d'émouvoir.

En concert en première partie de Sébastien Tellier à la Cigale le 12 octobre. 

Vidéo du morceau Cornerstone

I won't complain (titre qui figure sur Cornerstone)

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