"C’est une très belle manière de se réapproprier un tel lieu". Le chanteur de Blur, Damon Albarn, ne pouvait pas mieux décrire le Berlin Festival qui se tenait ce week-end dans l’aéroport de Tempelhof. Construit sous le Troisième Reich, le troisième plus grand bâtiment au monde (après le Pentagone et le palais du Parlement de Bucarest) est désormais désaffecté. Certainement l’endroit idéal pour accueillir cette troisième édition du festival berlinois.

La manifestation commence à jouer dans la cour des grands. Les têtes d’affiche parlent d’elle-même : Fritz Kalkbrenner, My Bloody Valentine, Pet Shop Boys, Björk ou encore Blur. Ces derniers ont d’ailleurs fait sensation le vendredi. On sentait les Anglais très attendus par le public. Si le groupe n’a plus sorti de disque depuis 2003, cette tournée de reformation permet assurément aux nostalgiques de replonger dans leurs vieux souvenirs. Les tubes s’enchaînent (Girls & Boys, Parklife, Beetlebum, Song 2) et la formation montre qu’elle n’a rien perdu des grandes années brit-pop.

Jeunes pousses et valeurs sûres

Le Berlin Festival misait aussi sur quelques-uns des jeunes groupes rock les plus en vue du moment : Parquet Courts, Bosnian Rainbows, Villagers ou les Anglaises de Savages. Mais c’étaient les valeurs sûres qui attiraient le public en masse sur la grande scène, comme Pet Shop Boys et leurs mélodies imparables, même si on sent que les arrangements ont eu du mal à passer les années 80.

Le samedi, Björk plaçait le curseur très haut. L’Islandaise, toujours aussi proche de la scène électronique expérimentale, joue désormais une grande partie de ses concerts accompagnée d’une chorale féminine aussi survoltée que des Femen. Même si elle n’assume plus beaucoup ses premiers succès pop, la diva n’hésite pas à chanter toujours aussi magnifiquement des titres entièrement réarrangés, comme le superbe One Day qui figurait sur son premier album. Le concert se terminera en club géant avec un enchaînement survolté Hyperballad/Pluto/Declare Independence.

Au pas très fin Fritz Kalkbrenner, frère du non moins épuisant Paul, on préféra enfin terminer le festival dans un des hangars de l’aéroport en écoutant la techno minimaliste de Pantha du Prince. Parfait pour se mettre en jambe pour une nuit de clubbing, difficile de faire plus berlinois.