S'il y a bien une chose à savoir sur les Espagnols, c'est qu'ils sont fiers de leur identité. Très fiers. Un peu trop d'ailleurs au goût d'Emilio Martinez Lazaro, le réalisateur de Ocho apellidos vascos (Huit noms de famille basques). Le long-métrage raconte l'histoire d'un Andalou, gominé jusqu'à la pointe des cheveux, séducteur et amateur de bon vin, qui décide de se faire passer pour un Basque indépendantiste pour l'amour d'une jeune fille.

Un scénario qui n'est pas sans rappeler un autre film : Bienvenue chez les Ch'tis ! Tout comme le gros succès populaire français, Ocho apellidos vascos tape très fort sur les clichés régionnaux, n'hésitant pas à tourner en dérision les traits de caractère faisant la fierté des Espagnols, à ses risques et périls.

Un film qui bat tous les records
Le pari d'Emilio Martinez Lazarco était risqué, mais valait le coup : avec plus de 6,6 millions de spectateurs en six semaines, son film est "le plus vu de l'histoire du cinéma espagnol", selon un communiqué d'Universal. Le record était détenu depuis 13 ans par Les autres, le film d'horreur signé Alejandro Amenabar avec Nicole Kidman. Il faut dire que la recette est efficace : pour ne pas faire de jaloux et augmenter les différends - parfois violents -  entre les régions : tout le monde en prend pour son grade, mais toujours avec humour.

Avec un budget de 3 millions d'euros et des recettes approchant la barre des 40 millions, Ocho apellidos vascos est également l'un des longs métrages les plus lucratifs de ces dernières années en Espagne. Un succès rappellant, une fois de plus, celui remporté par le film de Dany Boon, qui a généré 20 millions d'entrées en France et 245 millions d'euros de recettes mondiales.