Pourquoi cette transposition écrite ? La télé ne montre-t-elle pas tout des méandres de Borgen ?
Jesper Malmose - En fait, ce n'est pas moi qui ai décidé de faire cette novélisation, on me l'a proposé. Adam Price et moi nous nous connaissons – et travaillons ensemble - depuis presque 25 ans. Alors, quand lui et les éditeurs me l'ont demandé, j'ai été honoré et j'ai accepté. Je trouve que Borgen est une si bonne histoire, la raconter sous la forme d'un roman était pour moi juste une autre façon d'aborder cette grande intrigue. Et bien sûr, je l'ai fait à ma manière, en ajoutant une chose, en retranchant une autre, mais en respectant les scripts tout du long.

Comment avez-vous procédé, concrètement ?
Comme je suis dramaturge et scénariste depuis 25 ans, c'était un défi pour moi de raconter une histoire sous forme de roman. J'ai un master en langue et littérature danoises, alors les romans ne me sont pas totalement inconnus. Mis en tant que scénariste je crois savoir comment écrire des dialogues. J'ai donc rejoué toutes les scènes dans ma tête avant de les coucher sur papier dans ce livre.

Qu'avez-vous découvert d'inattendu ?
Que ce que j'aime le plus dans Borgen, c'est toute l'histoire ! Je trouve qu'Adam et ses coscénaristes ont créé d'excellents personnages et d'excellents épisodes, il est impossible d'en choisir un qui serait plus réussi qu'un autre.

Pensez-vous que Birgitte Nyborg peut sauver le monde, après avoir sauvé nos jeudis soirs ?
Non, je ne pense pas qu'elle puisse sauver le monde (rires) ! Mais espérons que Birgitte Nyborg, la série télévisée et, j'espère, le livre pourront amener les gens à s'intéresser davantage à la politique, ce qui est à mon sens une bonne chose pour la démocratie. Et si elle a sauvé les jeudis soirs des téléspectateurs, j'en suis très heureux. Je peux vous dire qu'elle a aussi sauvé les miens, et ça, tout au long des trois saisons.


Borgen, une femme au pouvoir, de Jesper Malmose, éditions Gaïa, 480 p., 22 euros.