Une fréquentation plutôt stable

Avec 208,9 millions d'entrées à la fin novembre, contre 210,67 millions à la même période l'an dernier, 2012 s'annonce en légère baisse par rapport à 2011. Mais c'est la quatrième année consécutive que plus de 200 millions de tickets sont vendus dans les salles françaises, des scores inédits depuis 30 ans. Côté français, pas de phénomène à la Intouchables et ses 19 millions d'entrées. A la poursuite du Marsupilami, le plus gros succès hexagonal, en a rapporté 5,3. Mais la France reste le seul pays d'Europe capable de faire jeu égal avec le cinéma américain, avec 42,8% de parts de marché contre 47,4% au géant hollywoodien. Lequel se repose toujours sur ses juteuses franchises. Avengers, Dark Knight Rises et The Amazing Spiderman cumulent à eux trois plus de 11 millions d'entrées !


007, le triomphe d'un cinquantenaire

C'est le n°1 qu'on n'attendait pas. Ce week-end, Skyfall, le 23e opus de la saga James Bond, est devenu le plus gros succès de l'année, dépassant d'un cheveu le film d'animation L'âge de glace 4, avec 6 606 490 entrées. C'est le meilleur score depuis Goldfinger en 1964 ! Avec un Daniel Craig charismatique à souhait, un Javier Bardem diabolique en méchant et un scénario mixant habilement nostalgie et modernité, le film de Sam Mendes a séduit toutes les générations de spectateurs. A tel point que le réalisateur envisage de réaliser lui-même le prochain épisode. Avec toujours Mister Craig devant la caméra. L'acteur a resigné pour deux épisodes.

Les comédies françaises déçoivent

Trop de casting, tue le casting. Les scores mitigés de La Vérité Si Je Mens 3 (4,6 millions), Astérix et Obélix au service de sa Majesté (3,7 millions) ou des Seigneurs (2,7 millions) prouvent qu'il ne suffit plus d'empiler les noms connus pour attirer le public. Et les stars de la veille ne sont pas à l'abri d'une déconvenue. C'est le cas pour Dany Boon, (1,2 millions avec Un plan parfait) ; Géraldine Nakache (610 000 avec Nous York) ou encore Michael Youn (350 000 avec Comme un chef). Les bonnes surprises ? L'adaptation de la pièce Le Prénom, avec Patrick Bruel (3,3 millions), mais aussi Camille Redouble, de Noémie Lvosky, qui a séduit plus de 870 000 spectateurs, sans aucune vedette au générique.

Le cinéma d'auteur à la peine

Si 2011 avait été marquée par le succès du film iranien Une Séparation, avec près d'un million d'entrées, et les bons scores des films cannois (The Artist, Polisse, Tree of Life, Drive), 2012 n'a pas fait de cadeau aux grands auteurs. David Cronenberg et Costa-Gavras l'ont appris à leurs dépens, Cosmopolis avec Robert Pattinson, et Le Capital avec Gad Elmaleh, échouant autour des 350 000 entrées. Amour, la 2e Palme d'or de Michael Haneke, s'en sort bien avec 600 000 entrées. Favori des prochain césars, De rouille et d'os a attiré 1,9 millions de spectateurs, le plus gros succès de la carrière de Jacques Audiard. Mention spéciale à Ken Loach dont La Part des Anges a séduit plus de 700 000 amateurs de bon whisky.