"Breaking Bad" = Breaking Audiences. Dimanche soir, l'épisode "Ozymandias" a réuni 6,4 millions de téléspectateurs sur la chaine câblée AMC et généré pas moins de 604 765 tweets en moins d'une heure. Depuis son lancement courant août, la deuxième partie de la cinquième et ultime saison a réuni en moyenne 5,2 millions de téléspectateurs, soit une hausse de 102% par rapport à la première partie de la saison, il y a un an. Du jamais vu.

La décision d'arrêter "Breaking Bad", inéluctable, explique en partie ces audiences impressionnantes pour la chaine qui diffuse également "The Walking Dead". Et on peut être sûr que les deux derniers épisodes, "Granita State" et "Felina", vont encore accroître les parts de marché de la série crée en 2008 par Vince Gilligan. Et puis il y a la qualité intrinsèque de cette fiction corrosive qui raconte comment Walter White (Bryan Cranston), un prof de chimie d'Albuquerque, Nouveau Mexique, bon père de famille, "bascule" après avoir découvert qu'il souffrait d'un cancer incurable. Et décide de devenir fabriquant et dealer de méthamphétamine avec l'aide de Jesse Pinkman (Aaron Paul), l'un de ses anciens élèves. La réaction en chaine, au sens propre comme au sens figuré, sera dévastatrice pour chacun des protagonistes...

Combien d'Emmy Ewards en plus sur la cheminée ?

Déjà couronné par sept Emmy Awards, les Oscars de la télé US, "Breaking Bad" part archi-favori de la 65e cérémonie, dimanche prochain. Meilleure série dramatique, meilleur acteur pour Bryan Cranston, meilleur second rôle pour Aaron Paul, meilleur scénario pour les épisodes "Dead Freight" et "Say My Name"... La question est plutôt de savoir lequel de ces trophées viendront s'ajouter à la collection du show, qui s'apprête déjà à entrer dans le Guiness Book des records.

"Breaking Bad" est en effet la première série de l'histoire à récolter 99% de critiques positives aux Etats-Unis d'après les statistiques du site Metacritic. Il faut dire que depuis le début de la saison 5, les louanges pleuvent sur cette fiction bien plus excitante que n'importe quel long métrage hollywoodien. L'épisode diffusé dimanche dernier est ainsi qualifié par le magazine de référence Entertainment Weekly comme "le meilleur de l'histoire de la série, voire de l'histoire de la télé".

Déjà une place à part dans l'histoire de la télé

Allen St. John, éditorialiste du très sérieux Forbes, estime lui que "Breaking Bad" est ni plus ni moins "la meilleure série de tous les temps". Il loue notamment "le monde construit pièce par pièce" par Vince Gilligan et son staff de scénaristes et l'évolution du personnage de Walter White, "dans la lignée des plus grand héros de la littérature et du cinéma comme Jay Gatsby et Michael Corleone". L'annonce d'un spin-off, centré sur le personnage de l'avocat véreux Saul Goodman, suffira-t-il à consoler les fans ?