La Palme d'or. Amour, de Michael Haneke. Le cinéaste autrichien fait coup double, après Le Ruban Blanc en 2009. Et signe son film le plus modeste, centré sur un couple de profs de musique à la retraite, soudain frappés par la maladie de l'épouse. Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva font dans la sobriété, et la mise en scène n'en rajoute jamais dans le sentimental. Mais pouvait-il en être autrement avec l'auteur de Funny Games ?
Le Grand Prix du jury. Reality, de Matteo Garrone. C'est presque l'antithèse de la Palme. Le portrait d'un pêcheur napolitain, convaincu par ses enfants de participer au casting du Big Brother italien. Et qui plonge dans la folie (douce) à force d'attendre une réponse favorable. Matteo Garrone avait gagné le même prix pour Gomorra. Mais Reality révèle une facette plus tendre de son cinéma.
Les prix d'interprétations. Pour Mads Mikkelsen, c'était presque gagné d'avance. La star danoise porte de bout en bout La Chasse, de Thomas Vinterberg. Le portrait tout en nuance d'un homme accusé à torts d'attouchement sur une petite fille. Côté femmes, la presse rêvait de voir Marion Cotillard monter sur les marches. Mais Cristina Flutur et Cosmina Stratan, les jeunes comédiennes d' Au-delà des collines, de Cristian Mungiu, avaient marqué les esprits de nombreux festivaliers.
Le prix de la mise en scène. Carlos Reygadas, pour Post Tenebras Lux. Le cinéaste mexicain a une approche radicale du septième art. Filmé dans un format inhabituel, à base de longs plans fixes et de courtes visions fantasmagoriques, ce long-métrage était le plus « modeste » de la compétition. Il a beaucoup divisé la Croisette, et le jury aussi a révélé Nanni Moretti.
Le prix du scénario. Cristian Mungiu, pour Au-delà des collines. On est surpris que le jury ait accordé deux prix au film du cinéaste roumain. Reste que le film fait froid dans le dos puisqu'il s'inspire d'une histoire vraie. Soit « l'exorcisme » brutal pratiqué par des nonnes moldaves sur une jeune femme sans défense.
Le prix du jury. Ken Loach, La Part des Anges. C'est la veine la plus légère du cinéaste anglais qui est ici récompensée. Le portrait sensible d'un jeune délinquant dont la réinsertion sociale va passer par la passion du whisky. On a beaucoup rit pendant la projection, vraie bouffée d'air frais dans une sélection très sombre dans son ensemble.



















