François Ozon est-il un grand provocateur ? En compétition à Cannes avec Jeune et Jolie le réalisateur français a accepté de répondre aux questions du magazine professionnel américain Hollywood Reporter. Le film, qui raconte comment Isabelle, une adolescente, vend son corps à des hommes dans des hôtels, a été très bien accueilli par les critiques. Et révélé une actrice de talent, Marine Vacth.

Dans l'interview, la journaliste Rhonda Richford souligne que Jeune et Jolie est perçu différemment par les hommes que par les femmes. "Je crois que les femmes comprennent mieux le film que les hommes", précise le cinéaste. Les hommes ont peur, ils se disent 'Oh mon Dieu. Il y a tout ça dans la tête d'une femme ?' (Mon personnage) est très puissant", poursuit-il. Mais je pense que les femmes peuvent facilement se connecter avec cette fille car c'est un fantasme de beaucoup de femmes de se prostituer. Ca ne veut pas dire qu'elles le font, mais le fait d'être payé pour coucher est quelque chose qui fait partie de la sexualité féminine."

"Il y a une forme de passivité que les femmes recherchent"

Etonnée, la journaliste américain relance François Ozon. "Pourquoi pensez-vous que c'est un désir... Je ne crois pas que ce soit le cas." "Je crois que c'est le cas parce que la sexualité est quelque chose de complexe, répond le Français. Je crois qu'être un objet dans la sexualité est quelque chose d'évident, le fait d'être désiré, utilisé. Il y a une forme de passivité que les femmes recherchent."

La journaliste, qui n'en revient pas, demande ensuite à François Ozon comment il est parvenu à cette conclusion. "C'est la réalité, lâche-t-il. Vous parlez avec plein de femmes, vous parlez avec des psys, tout le monde sait ça. Enfin, peut-être pas les Américains !"

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