"Il faut se méfier du jacobinisme français !". C’est ce que nous avait répondu il y a quelques jours Guillaume Gallienne quand on lui avait demandé s’il était confiant pour les César, où il se présentait avec le plus de nominations. Son premier film autobiographique, tiré de sa pièce de théâtre homonyme, montée en 2008, Les garçons et Guillaume, à table !, a finalement obtenu cinq César vendredi soir. Et littéralement volé la vedette à la Palme d’Or La Vie d’Adèle – Chapitre 1 et 2, pourtant grand favori de la soirée au Théâtre du Châtelet.


"Quelle aventure, hein !", ont été les premiers mots prononcés par l’acteur, metteur en scène et scénariste devant la presse. Avant d’ajouter, au sujet de cette histoire qui puise dans l’intime : "J’ai eu l’idée du film chez le psy. J'ai été porté par mon équipe technique. Je pouvais compter sur d’incroyables partenaires. Quand je dois me foutre un tuyau dans le derche, c'est quand même mieux d'avoir Diane Kruger (sa partenaire à l’écran – ndlr) pour m'aider (rires)".

2,5 millions de spectateurs en salles

Interrogé en novembre dernier sur le succès du film en salles (2,5 millions d’entrées jusqu’ici), François Clerc, directeur de la distribution chez Gaumont, avait évoqué pour Metronews la genèse du projet : "Le premier déclic est venu d’un geste de Guillaume. Avant le tournage il a réuni son équipe, les distributeurs et les coproducteurs pour jouer une dernière fois sa pièce. Ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de la voir ont pu s’en faire une idée. On a eu conscience de sa sincérité."

La suite, c’est un long-métrage tourné pour un budget relativement modeste, moins de 8 millions d’euros, qui va séduire dès sa présentation à Cannes, dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs. "L’accueil a été génial. C’est là que le film est né", insiste François Clerc. "Du coup, on a eu envie de surfer sur cette dynamique. On a donc essayé de le montrer au public de province pour le populariser. Au Festival du film francophone d'Angoulême, par exemple, on s’est rendu compte que l’engouement était le même qu’à Cannes et ce, sur un tout autre public." On connaît la suite.