Quatre ans après le délicat Week-end, Andrew Haigh revisite librement la nouvelle In Another Country de David Constantine le temps d’un drame bouleversant. A sa tête : Charlotte Rampling, premier et unique choix du réalisateur britannique. Fort d’un jeu sidérant, elle prête son regard mystérieux à Kate, une femme sur le point de célébrer ses 45 ans de mariage avec Geoff. Mais tout va à vau-l’eau une semaine avant la célébration, le jour où le corps du grand amour de son époux, disparu un demi-siècle plus tôt, refait surface. La comédienne, en lice pour les Oscars, est revenue pour metronews sur une expérience qui l’a marquée au fer rouge.

 Un coup de cœur pour le projet
"Ce couple m’a bouleversée. Le rôle de Kate m’a permis de faire ce que j’apprécie le plus dans mon métier : expérimenter. J’aime véhiculer les sentiments d’un personnage avec un minimum de mots et participer à des œuvres où la caméra traduit toute l’intériorité des protagonistes. Le scénario aborde par ailleurs une idée assez terrifiante, celle de ne jamais vraiment connaitre ceux qui nous entourent. Il y a aussi cette notion de chaos dans le calme, qui me plait et que je trouve très forte."

 Une mise en scène sobre
"Les très gros plans ne m’intéressent pas. Je préfère, comme le fait Andrew Haigh, quand les deux sujets figurent dans le cadre. Ici, les scènes d’intérieur sont filmées avec une distance sobre, qui installe une véritable intimité. Cette approche donne aux acteurs une matière organique et réelle. La collaboration avec Tom Courtenay, tout comme le tournage, fut très agréable. Nous ne nous quittions jamais. Nous logions dans un petit bed and breakfast… Et nous faisions tout ensemble, même nos courses (rires)."

 Jouer avec les non-dits
"Dans 45 ans, les choses sont plus souvent suggérées que dites. Le mystère, c’est quelque chose qui est en moi. Je dirais même que c’est une part de ma vérité. Je crois qu’on ne peut pas jouer avec notre fond, on est ce qu’on est. On a beau enchainer les films et les histoires, notre nature profonde ressurgit forcément. J’aime intégrer ma propre vérité à des personnages qui ont des destins différents du mien mais dont je partage l’univers de sensations."

 En route pour les Oscars
"Qui pourrait être détachée de ça ? Pour moi, être aux Oscars, c’est comme être aux Jeux Olympiques pour un sportif. D’ailleurs, mon grand-père, Godfrey Rampling, a gagné une médaille d’or au relai 4x400 mètres aux JO de 1936.  (…)  Mes concurrentes en lice pour la statuette dorée sont magnifiques. On a déjà toutes gagnées. Je suis très fière du film et de cette aventure. D’ordinaire, ce n’est pas le genre de long métrage qui va aux Oscars. Mais il a été tant aimé que les choses se sont ainsi faites. Il a fait son chemin tout seul."

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