Pourquoi avoir attendu maintenant avant d'avoir recours au 4K, une technologie de pointe quatre fois plus précise que la haute définition, pour filmer votre tournée ?
Matthew : On avait l'impression que nos deux précédents album, The Resistance et The 2nd law, formaient un tout puisqu'ils nous ont permis de nous éloigner du rock progressif de nos débuts, avec davantage de sonorités électroniques. On voulait aussi retranscrire les sensations du concert dans un stade de façon différente. On a choisi Rome parce qu'on y avait pas joué depuis 10 ans et qu'il s'agit d'un Stade Olympique, ce qui correspond bien à notre hymne enregistré pour les JO de Londres en 2012. On a tout de suite cherché un moyen d'aller encore plus loin que la 3D, que beaucoup d'artistes utilisent déjà. Quand on a entendu parler du 4K et qu'on a vu que personne encore n'y avait eu recours, on a foncé. On apprécie l'idée que ce soit unique.

Pourquoi avoir accentué le côté politique pour ce show, avec ces figures politiques comme Merkel et Poutine transformées en personnage d'animation et ce trader qui distribue des faux billets à la foule ?
Matthew : On a toujours glissé quelques idées dans nos concerts, mais là on voulait pousser encore plus loin le côté théâtral parce qu'on avait l'impression que ça pouvait marcher avec notre musique. C'est très risqué pour un groupe de rock de tenter d'intégrer des comédiens dans un concert, mais on s'est dit que c'était le moment de le faire. D'ailleurs, ça nous a rendu très nerveux donc on s'est contenté du minimum. Finalement, ça rendait bien, donc on aimerait vraiment aller encore plus loin la prochaine fois.

C'est aussi la première fois qu'on vous sent aussi proche du public.
Dom : Oui, c'est nouveau pour nous, on a senti que les choses évoluaient au début de la tournée pour The 2nd law. La façon dont nous avons imaginé cette énorme rampe vers le public, ça a créé tellement de promiscuité avec le public qu'on a joué le jeu en tapant dans les mains des gens et en jouant tous les trois au milieu du stade.
Matt : C'est vrai qu'on a vraiment apprécié le fait de pouvoir garder ce contact direct avec les spectateurs, un rapport presque intime, tout en proposant un énorme show dans de grandes enceintes.

Vous croyez qu'il est possible d'aller encore plus loin dans la démesure ?
Matt : En terme de spectateurs, c'est impossible de faire mieux. Mais je crois qu'on peut trouver encore des idées conceptuelles. Un concert comme The Wall, de Roger Waters, est l'exemple typique de concerts globaux qui exploitent à merveille les nouvelles technologies.

"C'est en France qu'on a les meilleurs fans"

Allez-vous commencer à enregistrer un nouvel album dès l'année prochaine ?
Dom : Oui, on est très excités à l'idée de débuter un nouveau cycle. C'est pour ça qu'on ne sait pas trop si on arrivera à gérer tout en même temps l'année prochaine. A partir du moment où l'on rentre dans un processus de création, c'est difficile de nous arrêter !
Matt : C'est vrai qu'on va plus vite que d'habitude, mais le dernier album a vraiment ouvert le champ des possibles, et on se sent vraiment de plus en plus à l'aise avec l'idée de produire nos propres albums. Ça nous excite vraiment de retourner en studio le plus vite possible parce qu'on a vraiment pris notre pied sur les deux précédents albums.

Comment comptez vous souffler vos 20 bougies l'année prochaine ?
Matthew : On aimerait organiser un petit événement, pas une énorme tournée. On fera probablement quelques concerts dans notre ville natale, à Teignmouth, au Royaume-Uni. On aimerait bien inviter plusieurs fans à venir nous rendre visite pour l'occasion. On s'est posé la question de faire un show plus important, mais on préfère quelque chose qui mette plutôt en valeur nos origines.

Vous avez choisi Paris comme avant-première mondiale pour la captation du concert à Rome. Comment expliquez-vous ce rapport particulier avec la France ?
Matthew : On est toujours ravis de retourner à Paris, c'est ici qu'on a les fans les plus fervents. Et on est vraiment impressionnés par la Géode, c'est probablement le cinéma le plus intéressant au monde en termes de nouvelles technologies. On garde de très bons souvenirs de notre tout premier concert au New Morning en 1999, on était impatient de découvrir une nouvelle ville. On n'attendait aucune réaction en particulier, et ce concert nous a vraiment aidés à créer un lien avec le public européen. Au Royaume-Uni, on venait à peine de démarrer et ça nous a permis de repousser les frontières.

D'ailleurs, il paraît que vous pourriez collaborer un jour avec Johnny Hallyday...
Matthew : Oui, on s'est retrouvé avec lui pour Halloween, on a bien discuté et je ne sais pas ce qu'il a dit à la presse française ! Je ne connais pas du tout sa musique, mais on aimerait bien faire un concert avec lui si l'occasion se présente, pour récolter des fonds pour une association par exemple, ce serait amusant. Cette rencontre était un moment surréaliste parce qu'on était tous déguisés, lui en vampire, et moi j'avais le costume de Jon Snow dans Game of Thrones, donc c'était un grand moment ! (Rires)