De toutes les matières, c'est le cuir qu'elle préfère. Maïté Wustner en a tout autour d'elle dans sa petite boutique-atelier des Batignolles, en chutes, en rouleaux bruts, en un long morceau qui a autrefois été un alligator... Tout cela sent bon le cuir jusqu'à l'intérieur de ses sacs. "Je fais mes propres créations, énumère-telle, du sur-mesure où le client peut choisir les peaux, des prototypes pour des professionnels, et de la restauration, au cas par cas, sur les belles pièces."

Comme la plupart des artisans, elle dépasse largement les 35 heures hebdomadaires, mais dans ce métier-passion, on regrette surtout de ne pas avoir plus de temps. "Je travaille seule sur plusieurs choses. Le seul problème, c'est que cela amène à des délais assez longs que les clients peuvent ne pas comprendre."

Une gamme illimitée de techniques

Enfant, Maïté Wustner aimait bricoler les tissus et le bois. A l'époque, au lycée, peu de conseillers d'orientation parlaient des métiers de l'artisanat. Comme elle n'avait pas non plus d'artisan dans son entourage, Maïté Wustner a fini par suivre sa formation à l'âge adulte. "J'ai fait l'école Grégoire-Ferrandi, et pendant cette année j'ai fait mes stages chez Hermès, où j'ai travaillé 4 ans, essentiellement sur les sacs. Puis j'ai passé 2 ans chez Céline." Le cuir a été une évidence : "c'est quelque part entre le tissu et le bois, on peut avoir de la souplesse, de la tenue, ça permet beaucoup de possibilités en manipulation, en création, en techniques... Le matériau apporte une grande diversité".

Certains sont plus résistants que d'autres. Quand on lui demande quel est le cuir le plus difficile à travailler, elle répond sans hésiter : "Le galuchat !" Ce cuir de raie ou de requin, très précieux, est un cauchemar. "C'est très résistant, ça casse les aiguilles, c'est vraiment une autre façon de travailler. Mais il y a aussi tous les cuirs précieux qui demandent beaucoup plus de soin, pour ne pas faire de traces de doigts, ou les très souples..."

Maintenant qu'elle a ouvert sa boutique, il y a trois ans, elle fait tout, "de A à Z, de la conception à la réalisation et à la vente. On a peu de risque de trouver mes modèles dans la rue, la cliente peut se démarquer. C'est un achat réfléchi, comme les matériaux sont de qualité, le produit va durer". Elle fait également des bracelets et de la petite maroquinerie. En attendant de développer l'atelier, tout en gardant son âme.


Maïté Wustner, 17 rue Hélène, Paris 17e. Www.maite-wustner.fr