Sertie de diamants et dessinée par Cartier pour Cocteau, en cristal pour le commandant Cousteau... à chaque Académicien son épée. Alain Finkielkraut, qui sera reçu à l'Académie française ce jeudi 28 janvier ne déroge pas à la règle. Il y a quelques jours, le philosophe s'est vu remettre la précieuse arme blanche, réalisée par le joaillier restaurateur Michel Renonciat et sur laquelle il a fait graver trois symboles surprenants.

Une citation de Charles Péguy
Alain Finkielkraut a choisi d'inscrire sur son épée "La République Une et indivisible, notre royaume de France", une citation de Charles Péguy, écrivain et poète dont l'œuvre est empreinte d'un profond patriotisme. Souvent accusé de faire le jeu du Front National, le philosophe se pose depuis plusieurs années comme le défenseur de l'identité française. Dans son essai L'identité malheureuse, il s'attaque notamment aux élites qui prônent la diversité culturelle. Alors que la montée du communautarisme et le séparatisme culturel sont devenus son fonds de commerce, Alain Finkielkraut fait figure pour certains d'obsédé de l'immigration.

Un Aleph
Alain Finkielkraut a également fait apposer sur son arme un Aleph, la première lettre de l'alphabet hébraïque. Enfant unique de juifs polonais rescapés de l'holocauste, Alain Finkielkraut, qui se dit athée, dénonce régulièrement le nouvel antisémitisme qui sévit en France. Ce phénomène se trouve, selon lui, sous-estimé à cause de la lutte contre l'islamophobie. Il y a 13 ans dans son essai "Au nom de l'autre", il évoquait notamment l'impossibilité de porter une kippa dans les cités sensibles ou le métro parisien et les difficultés à parler de la Shoah à l'école. Souvent critiqué pour son soutien affiché à la politique israélienne, Alain Finkielkraut affirme défendre la solution de deux Etats.

Une vache normande
Non, Alain Finkielkraut n'est pas né à Caen, mais à Paris le 30 juin 1949. Cela ne l'a pas empêché de faire graver une tête de vache normande sur son épée. Dans Le Figaro, il a expliqué ce choix pour le moins original par son amour pour les ruminants. ''Ces bêtes qui ne font de mal à personne'' le font ''fondre de tendresse'', a-t-il indiqué. En 2014, dans ''Le Grand Journal'', il avait déjà évoqué ''la danse des vaches'' qui ''sortent de l'étable'' au printemps pour dénoncer l'élevage intensif. Il est également le signataire d'un appel lancé par une vingtaine d'intellectuels pour établir un nouveau régime juridique en faveur des animaux comme ''être sensible''.

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