Il voulait finir en beauté

"'Es-tu vraiment sûr de vouloir mettre fin à Breaking Bad ?' Que ce soit Bryan Cranston (l’acteur principal qui interprète le personnage phare de Walter White), le producteur Sony ou la chaîne AMC, tous ne cessaient de me poser la question. Leurs doutes étaient liés à leur enthousiasme pour la série et leur regret de la terminer. La décision a été difficile à prendre mais je préférais terminer sur une bonne note plutôt que de faire la saison de trop."

Il ne lit pas les critiques du public

"Je n'ai pas cette manie de me 'googliser'. Je ne l’ai jamais fait et je n’ai pas l’intention de commencer. Si je commence à regarder les réactions des fans sur Internet, j’ai peur de tomber de m’y perdre."

Il admet que ce deuxième volet de la saison 5 ressemble à une saison 6

“Appelez ces huit derniers épisodes comme vous l’entendez. De notre côté, on les nomme saison 5A et saison 5B. Et il est vrai qu'on dirait qu'il y a six saisons. Pour ma part, je vois l’ensemble comme 62 épisodes, c’est-à-dire 62 petites pièces d’une même histoire."

Il garde un chapeau souvenir de Heisenberg

“En souvenir de Breaking Bad, Bryan Cranston s’est fait tatouer, Aaron Paul aussi (l’acteur secondaire, l’associé de Walter White). De mon côté, j’ai préféré garder l’un des chapeaux de Heisenberg (alias Walter White). Ce n’est pas que j’ai peur des aiguilles ou de la douleur mais le tatouage n’est vraiment pas mon truc."

Il a étudié toutes les fins envisageables

“J’admire J.K. Rowling qui savait dès le départ comment se terminerait son Harry Potter. Au début, quand j’écrivais seul le premier pilote, j’avais quelques idées de la fin. Mais je les ai abandonnées très rapidement dès que j’ai embauché six autres écrivains. L’année dernière, quand nous avons su que nous aurions 16 épisodes finaux, nous avons envisagé de multiples fins possibles. En fait, nous les avons toutes étudiées et ratissées. Nous ne voulions en omettre aucune. C’est pourquoi le processus a été bien plus long que prévu." 

Il a pleuré pour écrire l’épisode final

"J’ai pleuré parce que c’était terminé. J’étais dans mon appart à Albuerque, en train d’écrire la toute dernière page du dernier épisode et j’ai commencé à fondre en larmes. Je savais que c’était la fin. Je n’écrirais jamais plus sur le héros principal. C’était le point final de milliers d’heures de travail au cours de ces six dernières années. Je savais que je serais très triste à la fin. Je le suis encore."

Il n’y aura pas de film

"Je serais très surpris s’il y avait une adaptation. J’ai l’impression que pour cette série, Breaking Bad, il y aurait une forme d’injustice à trahir le travail de plusieurs années dans une forme qui ne soit pas pleinement complète et satisfaisante. Nous avons mis toutes nos dernières cartouches dans ces huit derniers épisodes."

Ni happy end ni fin tragique

"Sans rien dévoiler, je peux dire que nous n’avons pas voulu condamner aucun des personnages. La recette est connue : il est facile d’émouvoir le public en maltraitant un enfant ou un chiot. Nous n’avons pas voulu tirer ce type de ficelle. Avec ces derniers épisodes, nous nous sommes donnés les moyens de terminer Breaking Bad de la meilleure manière qu’il soit. Ce n’est ni un happy end, ni une fin triste ou téléphonée mais plutôt un dénouement juste. Qui sonne bien et qui me convient."