Popularisé par la série Lost, dans laquelle il incarnait le charismatique Dr. Jack Shephard, l’acteur américain Matthew Fox, 49 ans, avait littéralement disparu des radars depuis sa brève apparition en qualité de soldat dans World War Z. Après avoir quitté en 2010 l’énigmatique et fameuse île du show télévisé créé par J.J. Abrams, l’intéressé avait tourné dans quelques films, sans jamais vraiment jouir d’une véritable reconnaissance artistique. Il y a eu Speed Racer, Alex Cross (et le four commercial qu’on connait) ou encore Angles d’attaque ; quelques oeuvres mineures pour lesquelles son talent fut utilisé à faible régime.

Perdu parmi les cannibales 

Cette année, il s’est dégoté un second rôle particulièrement appréciable dans Bone Tomahawk, le premier long métrage de l’américain S. Craig Zahler, prévu en DTV le 11 mai prochain. Il y incarne John Brooder, un cowboy à l’accent à couper à la scie sauteuse. Elégamment vêtue, arborant une fine moustache, le visage amaigri, l’ancienne gloire de la petite lucarne est impeccable sous les traits d’un chasseur de cannibales dandy qui accompagne un shérif et deux autres hommes le temps d’une expédition sanguinaire (attention aux os qui craquent). 

Sans tomber dans le cabotinage, Fox réussit brillamment à tirer son épingle du jeu au sein d’un casting de luxe, rassemblant notamment Kurt Russell, Richard Jenkins et Patrick Wilson. Son personnage, attachant à souhait, essaime ce récit (dopé en hémoglobine) de répliques hilarantes et enchante par son mimétisme bien dosé. Tempérons néanmoins… Si ce rôle n’est pas non plus celui d’une véritable renaissance cinématographique, il porte bel et bien l’empreinte d’un sursaut d’orgueil. Celui d’un acteur dont le très fort potentiel ne demande qu’à être exploité. 

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