Bonjour à tous.

Truc: Qu'est-ce qui vous a inspiré cette histoire là ?
Il existe un show télé aux Etats-Unis dans lequel un journaliste coince un pédophile au moment où il rencontre sa proie. Ca m'a interrogé. Et je me suis demandé, ce que je ferai si en regardant une telle émission, j'y voyais mon meilleur ami. Penserai-je qu'il est innocent ? C'est comme ça que cette histoire a commencé.

Amanda: Que pensez-vous de ce type d'émission? Est-ce le rôle des journalistes de remplacer la police?
Ce n'est pas mon travail d'en décider. Je n'aime pas donner des réponses. Je tiens à soulever des questions et vous laisse, vous, lecteurs, libre d'en décider. Si la réponse était simple, je n'écrirais pas un livre dessus.

Herv78: A force de procès et de procédures, les Américains ne sont-ils pas tous en train de devenir paranoïaques? Ce qui n'est pas plus mal pour vos livres...
Non, Hervé. Je ne pense pas que ça ne concerne que les Américains. S'il ne s'agissait que d'eux, pourquoi tant de Français lisent-ils les livres? C'est universel. C'est la beauté de la plupart des émotions. Nous aimons prétendre que c'est américain, arabe ou européen... Mais nous sommes plus proche que ce que nous pensons.

Truc: C'est la journée de la femme aujourd'hui. Une réaction?
Je ne sais pas ce qu'est la Journée de la Femme? Est-ce que ça ne devrait pas être tous les jours, la journée de la femme?

Vadolino: Salut Harlan, je sais que vous passez beaucoup de temps Paris. Avez-vous avez écrit ce roman à Paris? Faites-vous des progrès en français?
Malheureusement, Vadolino, mon français est plutôt inexistant. C'est étrange. Nous avons tous, je crois, des forces et faiblesses. Les langues étrangères sont une de mes grandes faiblesses. A l'école, j'ai étudié l'espagnol pendant cinq ans et j'y ai même vécu deux étés. Pourtant, je ne sais toujours pas le parler. Donc, non, malheureusement, je ne cause toujours pas français.

Herv78: "N'importe qui peut dire n'importe quoi sur le net" écrivez-vous. Ca vous fait peur?
Oui et non, Hervé. Encore une fois si la réponse était facile, ça ne vaudrait pas la peine de l'explorer. Il y a des choses merveilleuses autour d'Internet et de la liberté d'expression - mais il y aussi d'énormes abus. Le livre traite beaucoup de ces nouvelles questions. C'est une très bonne et très importante question.

Tal: Est-ce qu'une héroïne féminine demande un travail particulier?
Non, Tal. Je pensais que ça en demanderait pourtant. Mais je pense que ma peur venait plus de la façon dont le lecteur réagirait. Wendy est, peut-être, mon meilleur protagoniste depuis Beck ou Myron Bolitar. Je l'aime!

Béné: Retrouverons-nous Wendy dans un prochain roman?
Je ne sais pas, Béné. Je l'espère. Mais je peux vous dire que j'ai fini le roman suivant et qu'elle n'y apparaît pas.

Sonja: Il semble que dans le nouveau thriller qui vient de sortir aux États-Unis, vous donniez la vie au frère de Myron Bolitar. Est-ce qu'il vous a lassé ?
En ai-je assez de Myron Bolitar? Non, pas du tout. Mais la série finira bien un jour. Myron n'est pas comme Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. Il prend de l'âge et les changements dans sa vie personnelle sont très importants dans les livres. Quand j'ai écrit le premier, il était âgé de 28 ans. Il en a désormais plus de 40. Plus important encore - vous allez bientôt rencontrer le neveu de Myron, Mickey qui a 15 ans. Je viens de terminer un roman sur lui pour un public de jeunes adultes. Je pense que vous - vos enfants ou de jeunes amis -! allez l'adorer.

Somba: La communauté étudiante présentée dans votre roman baigne dans l'alcool. Est-ce une réalité?
Oui et non, Somba. L'alcool chez les étudiants a toujours été un problème - et là encore, pas seulement aux Etats-Unis. Les problèmes que je décris dans ce livre sont très réels et très vrais. Soit dit en passant, ce sont d'excellentes questions! Merci!

Ali: Vous venez aussi de sortir votre premier roman pour enfants. Vous êtes sur tous les fronts? Qu'est-ce qui caractérise l'écriture d'un roman pour les jeunes?
Voici comment j'ai écrit mon roman pour enfants: exactement comme je le fais pour les ADULTES. Les seules différences sont: 1) l'histoire est plus courte; 2) Il est écrit du point de vue d'un jeune de 15 ans. En dehors de cela, il vous paraîtra très proche de mes autres romans. Je ne voulais pas en faire un "bête" ou les tirer par le bas. Ils sont trop intelligents pour cela. Oh, une précision : il n'y a pas de vampires.

Hamza: A 40 ans, Myron est un homme fini? N'est-ce pas au contraire la force de l'âge?
Hamza, Ha! Non, il n'est pas fini! Et j'espère que son créateur, qui a dépassé les quarante ans, ne l'est pas non plus. Mais il viendra un moment où la série prendra fin. Il change beaucoup en ce moment. Il y a une grande différence entre le premier livre, le quatrième et le prochain. J'aime ça, mais cela signifie aussi que je peux en écrire plein d'autres. Et combien de crises personnelles peut traverser un seul homme?

Sim: Pas de vampires... c'est une bonne chose, on commence à en avoir un peu marre. Mickey est-il un jeune détective?
Mickey ne résout pas de crimes. Il est comme Myron, mais en plus sombre. Son enfance n'a pas été aussi heureuse que celle de son oncle. Vous en apprendrez plus sur lui l'année prochaine. Il y a aussi dans les livres, une mythologie proche des séries télé Lost ou X-Files.

Nick: Traversez-vous aussi des crises personnelles dans votre vie de l'auteur?
Nick, ma vie est assez ennuyeuse. Mais nous avons tous des crises personnelles, n'est-ce pas? Nous avons tous des secrets.

Koofman: Vos enfants vous inspirent-ils pour illustrer les tracas de l'adolescence?
Oui, Koofman. Ils m'aident beaucoup. La relation entre Wendy et son fils Charlie se fonde en grande partie sur ma relation avec ma fille aînée qui aura bientôt 17 ans. J'utilise beaucoup ma vraie vie quand j'écris.

Christie: Vous avez certes, comme tout le monde, des secrets. Mais en tant qu'écrivain, ne craignez-vous pas les biographes?
Qui aurait envie d'écrire une biographie sur moi? Ce serait d'un ennui...

Béné: Comment faîtes-vous pour écrire un roman par an?
C'est mon travail. Et cette année, avec Mickey Bolitar, j'en ai écrit deux. J'aime écrire. Et c'est ce que je fais. Jusqu'à présent, j'arrive à maintenir ce rythme. Quand je penserai que ce n'est pas mon meilleur travail, je prendrai plus de temps. Mais pour le moment, oui, j'aime travailler de cette façon.

Iz: Quelle est la genèse de votre carrière d'écrivain?
Ma première expérience d'écriture m'est venue lorsque j'ai travaillé un été dans la Costa del Sol en Espagne. J'étais guide pour les touristes américains et je voulais écrire un roman sur cette expérience. Et j'ai attrapé le "virus" de l'écriture.

Gatan: Qui sont les auteurs que vous admirez?
Il y en a tellement... Et je les oublie souvent. La nuit dernière je suis allé voir jouer les New York Knicks et je me suis cassé le nez sur William Goldman, l'auteur de Marathon Man et Princess Bride. C'est un de mes héros. Philip Roth est probablement mon préféré "de tous les temps". J'adore la série Scudder de Lawrence Block. Sue Grafton. Dennis Lehane. Et ma dernière trouvaille, Tana French. Mais je pourrais continuer ainsi pendant longtemps.

Mit: Pensez-vous aussi qu'il n'y a jamais de fumée sans feu ?
Mit, je ne suis pas sûr de bien comprendre votre question. Mais si, il peut y avoir de la fumée sans feu. C'est ce qui rend la vie intéressante. Il est facile de sauter directement aux conclusions. Il est en revanche plus difficile de regarder de plus près et de risquer de se brûler.

Jan: Pensez-vous que la prohibition de l'alcool était une bonne chose?
Non.

Tal: L'alcoolisme est un fléau qui vous touche? Pourquoi?
En fait, Tal, l'alcoolisme ne m'a jamais vraiment touché de près. C'est une erreur de penser qu'un personnage est à moi ou que ses problèmes sont les miens. Mes parents n'étaient pas alcooliques et je bois très peu, juste du vin au dîner.

Coby: Est-ce que la seule forme de justice est la loi du talion pour vous ?
Non, Coby. Pas du tout. Les différents personnages de mes livres voient aussi les choses différemment. Win, par exemple, dans les livres de Myron Bolitar, ne croit pas au "oeil pour un oeil"... Il penche plutôt pour le deux ou trois œils pour un œil!

Iz: Êtes-vous également fan des réseaux sociaux type Facebook, Twitter, etc?
Je ne suis pas un fan, non. Et je ne sais pas trop quoi en penser. J'ai une sorte d'"amour-haine" avec la plupart des nouvelles technologies. C'est la raison pour laquelle j'aime écrire dessus. Je peux voir ce qu'il y a de bien dans Facebook... Mais comme je l'ai écrit dans "Promets-moi", Internet rapproche les gens en les laissant être éloignés. La technologie n'est pas bonne ou mauvaise. Tout dépend de la façon dont on s'en sert.

Yal: Pourtant, dans ce roman il y a de place pour le pardon ...
Oui, Yal, tout à fait ! Très bien! C'est justement sur ça qu'est le livre. Certains diront que c'est un polar noir ou blanc, mais c'est vraiment un roman sur le pardon - qui on peut pardonner ou pas. Très bon point, je vous remercie.

Kev: Y a-t-il de nouvelles adaptations en cours de vos romans ?
Kev, il y a toujours un film "dans les cartons" mais cela ne signifie pas que vous allez le voir sur grand écran prochainement. J'ai été assez intelligent pour laisser Guillaume Canet faire "Ne le dis à personne" alors qu'Hollywood a essayé de le faire pendant cinq ans! Ils tentent actuellement d'en faire un "remake". Alors, qui sait? J'ai récemment lu un scénario très bien pour "Innocent", alors peut-être que ce sera la prochaine. J'aimerai aussi beaucoup faire un autre film en France, mais je dois d'abord trouver le bon réalisateur.

Hub: Quand serez-vous à Paris et où pouvons-nous vous rencontrer?
Je serai à Paris dimanche 13 mars. Je fais une signature à Nancy pour commencer. Le programme est sur harlan-coben.fr

Zoé: L'affaire Madoff vous inspire-t-elle ?
Je n'ai pas écrit dessus, Zoe, mais oui. C'est un cas fascinant. Et il est toujours vivant. Il soulève aussi des questions morales très intéressantes sur les personnes impliquées.

Moa: Qu'attendez-vous de vos rencontres avec vos lecteurs?
J'aime rencontrer mes lecteurs, Zoa. C'est difficile parce que le temps est toujours trop court bien sûr et qu'en plus, je ne parle pas français. Mais j'ai beaucoup de respect pour les lecteurs, surtout ceux qui attendent en ligne juste pour me rencontrer. C'est très émouvant pour moi. Sans lecteur, je n'existe pas comme écrivain.

Lili: Existe-t-il un vrai tueur en série qui vous ait fasciné ?
Oui, je suppose que certains l'ont fait, mais je ne me souviens pas des noms. Généralement, je les trouve ennuyeux. Je n'aime pas écrire sur le "grand mal". Je préfère écrire sur le gris – où rien n'est jamais clair.

Mamie: Quelles sont les clés d'un bon thriller?
A mon avis, ça relève de la combinaison. Mais en tant que lectrice, vous devez comprendre ça mieux que moi. D'abord, ce n'est pas seulement vrai d'un thriller - C'est vrai pour n'importe quel roman. Vous devez être prêt à raconter une histoire captivante, fascinante. Et vous devez écrire sur des gens dont le lecteur se soucie. L'histoire doit titiller le cerveau et les impulsions. Les personnages doivent remuer le coeur. Ca ne me suffit pas qu'à la fin de l'histoire on dise :"Oh, j'avais pas vu ça comme ça. C'est fun". Je veux aussi que vous preniez garde aux personnages, à leur vie et à leur bonheur. Telle est la combinaison que je cherche en permanence.

Booba: Sur quoi travaillez-vous actuellement?
Je viens de terminer un roman pour jeunes adultes ou enfants appelé Shelter: un roman avec Mickey Bolitar. L'année prochaine, sortira en France, "Live Wire", le dixième roman de Myron Bolitar. Et maintenant je suis sur le point de commencer un nouveau roman – indépendant de tous les autres.

Un dernier mot Harlan Coben?
Je vous remercie tous beaucoup!

Harlan Coben. "Faute de preuves" Ed. Belfond, 337p; 22 euros