Hillary Clinton ferait-elle peur à la classe politique américaine ? C'est le sentiment du réalisateur américain Charles Ferguson, auteur du passionnant Inside Job sur la crise financière, en 2010. “Quand j’ai contacté des gens pour les interroger, personne, je dis bien personne, n’était intéressé pour m’aider à faire ce film”, explique le cinéaste sur un blog du Huffington Post. “Après avoir contacté plus d’une centaine de personnes, deux qui n’avaient aucun lien avec Mme Clinton étaient d’accord pour que je les interroge à visage découvert, et je soupçonne qu’ils pourraient même se dédire”, a-t-il précisé.

Charles Ferguson raconte qu’il avait commencé à faire un film “ambitieux, controversé, et très visible”, qui soit indépendant et équitable, sur l’ancienne chef de la diplomatie américaine, ex-sénatrice et ex-Première dame. D’après lui, Hillary Clinton n’a pas coopéré à ce projet et certains démocrates étaient inquiets qu’il puisse s’agir d’un film promotionnel. Les républicains ont affirmé que le film ferait campagne pour l'ex-First Lady, qui pourrait se présenter à la candidature pour la Maison Blanche en 2016.

Le spectre permanent de la présidentielle 2016

“Après une douloureuse réflexion, j’ai décidé que je ne pouvais pas réaliser le film dont je serais fier. Et c’est pour cela que je l’annule, non pas suite à des pressions de CNN, au contraire”, affirme le réalisateur. “C’est une victoire pour les Clinton, et pour les partis qui sont devenus maintenant des machines à faire de l’argent. Mais je ne pense pas que ce soit une victoire pour les médias ou pour le peuple américain”, estime-t-il.

Au début de l’année, des élus républicains ont menacé d’empêcher deux chaînes de télévision de diffuser des débats d’élections primaires si elles diffusaient des documentaires sur Hillary Clinton. Celle-ci n’a jamais dit qu’elle serait candidate en 2016, mais ces réactions, à plus de trois ans de l’échéance, montre la nervosité du parti conservateur à l’égard d’une éventuelle candidature de celle qui avait perdu de peu la primaire démocrate contre Barack Obama, en 2008.