"Ils avaient raison et j'avais raison !". Accusé d'avoir cherché à protéger Jérôme Cahuzac, d'avoir fait la guerre à Fabrice Arfi et Edwy Plenel, respectivement journaliste et co-fondateur du média en ligne Mediapart, Jean-Michel Aphatie s'expliquait ce midi sur le plateau du Supplément, présentée par Maitena Biraben. Lors de l'entretien, Jean-Michel Aphatie a revu les images de son émission du 5 décembre sur RTL, lors de laquelle son invité, l'ancien ministre du Budget lui avait menti les yeux dans les yeux. Réaction du journaliste : "C'est un grand malade".

L'extrait de l'interview (en intégralité ici) ne montre pas la réaction d'Aphatie. Maitena Biraben pointe son statut de commentateur politique influent (le matin sur RTL, le soir sur Canal +) et déplore qu'il ait laissé parler Cahuzac sans chercher à le contredire."Je n'ai jamais cru ni douté des affirmations de Cahuzac. Ce qui m'importait, en tant que journaliste, c'est que Médiapart mettait en cause le ministre sans preuves à l'appui. Je me devais de mettre en question cela." Avant d'ajouter : "Mediapart a eu raison et sans eux, la vérité n'aurait pas été révélée. Seulement, pourquoi Mediapart n'a pas publié au moins une des preuves qu'il prétendait détenir ?"

Les méthodes de Mediapart sur ce dossier : "dignes de l'ex-l'URSS"

Si Jean-Michel Aphatie salue le travail de Mediapart, "important pour la démocratie", le journaliste place la présomption d'innocence au cœur de sa défense. "On ne peut pas accuser sans preuves", martèle-t-il. Ce qui lui fait dire du média en ligne : "Le résultat est positif, la méthode est contestable". Et de comparer ce mode d'action à celui de l'ex-URSS. "La justice dans l'ancien bloc soviétique, c'était : nous vous accusons et si vous ne pouvez pas prouver votre innocence, vous finissez au goulag." Edwy Plenel appréciera la pique en forme de clin d'œil à son passé trotskyste. De quoi relancer de vifs échanges sur Twitter au nom du journalisme ?

Jean-Michel Aphatie revient sur sa vocation de journaliste "J'ai voulu faire du journalisme politique, que je trouve passionnant. J'aime la France, ces 65 millions de personnes qui créent une culture. Il faut la regarder, la critiquer et parfois reconnaître qu'elle est très belle." Maitena Biraben lui demande s'il est blessé. "Je ne regrette rien, je suis juste embêté pour mes employeurs."