Dans quel état d'esprit étiez-vous en entamant les tournages de The Voice Kids ?
Je redoutais de dire le fameux ''non'' auquel on est confronté quand le fauteuil ne se retourne pas. J'appréhendais de refuser quelque chose à un enfant. Mais en même temps, le ''non' reste constructif. On a essayé de faire en sorte d'accompagner les candidats et qu'ils se sentent le mieux possible. On s'est beaucoup justifié pour qu'ils soient finalement contents d'avoir participé au programme. Certains enfants étaient également ravis de chanter sur ce plateau qu'ils ont vu à la télé. Ils étaient très contents d'avoir réussi les pré-castings, car il y en a eu pas mal.

Ces jeunes candidats semblent incroyablement à leur aise sur scène !
Oui, mais en même temps, ils ont de l'inconscience. J'appréhendais aussi qu'ils perdent cette innocence et cette inconscience qu'on aime chez les artistes. Cette authenticité, ce côté brut : c'est ce qui me touche. J'avais peur car en matant ce genre d'émission, on peut être influencé par un certain style musical qui ne vient pas de nos tripes ou calquer des artistes. Mais finalement non ! Le casting est totalement bluffant. Il va de 6 à 15 ans et c'est hyper attachant.

Qu'avez-vous pensé du niveau de cette première édition ?
Il y a des coffres et des voix puissantes. Il y a de magnifiques révélations ! Ce n'est pas évident de venir sur un plateau, sans se démonter, pour chanter une chanson devant les projecteurs, le public, les coaches et les fauteuils. C'est assez bluffant pour de si petites personnes.

Le choix des chansons a-t-il également été à la hauteur ?
On a eu un pot-pourri de tout. Balavoine a été chanté à toutes les sauces, mais c'était très varié avec autant de chansons anglaises que françaises. C'était d'ailleurs assez surprenant d'entendre autant d'anglais. Les choix étaient parfois pointus comme ce petit garçon qui a chanté un titre d'Ed Sheeran. Je ne sais même pas si les gens vont reconnaître le morceau !

"Mon fils serait mieux derrière sa batterie qu'avec un micro"

La mécanique de The Voice Kids demeure-t-elle la même que pour la version pour adultes ?
Il y a beaucoup moins d'émissions. Les battles sont également organisées avec trois candidats. Les enfants ne seront donc pas seuls à perdre. Ils seront deux à partir main dans la main.

Y-aura-t-il beaucoup de larmes durant les primes times ?
C'est émouvant ! Qu'on aime ou pas leur voix, ce sont des gosses et on ne peut pas être insensible. Il y a forcément eu des larmes de joie ou parce qu'on a été touché. Sur la continuité de toute cette aventure, on s'est pris des décharges en pleine figure et dans le cœur.

Voir tous ces gamins chanter vous a-t-il rappelez vos débuts dans la chanson ?
Non, car je n'étais pas comme eux ! Je voulais chanter pour moi et il ne fallait pas qu'on me voie. J'aimais la chanson mais ce n'était que de l'évasion personnelle. La notion d'échange ne m'intéressait pas. Je m'enfermais dans ma chambre, je ne voulais pas qu'on m'écoute ou de loin. Gamine, j'avais un côté un peu autiste.

Accepteriez-vous que vos enfants participent un jour au programme ?
On a envie que nos enfants soient heureux et qu'ils vivent le plus d'expériences possible pour apprendre. J'aurais peur, mais j'ai confiance en mon enfant. Pourquoi pas ! Mais mon fils est beaucoup trop timide et introverti. Il est mieux derrière sa batterie qu'avec un micro.

Vous avez eu trois défaites dans The Voice, The Voice Kids pourrait être l'occasion d'une revanche...
Jamais deux sans trois (rires). Je ne vais pas mentir, on a envie que nos talents gagnent. Mais il y a un esprit bon enfant. Forcément, il y a un peu de compétition entre nous, mais c'est davantage pour blaguer.