France Gall a-t-elle toujours fait partie de vos influences ?
Je l'ai découverte au moment où j'ai commencé la musique et que je me suis construit ma discothèque. Ma mère aimait beaucoup les grands classiques français, dont les chansons de France Gall. Ce son ne m'a pas interpellée dès le début. C'est venu plus tard, vers 14-15 ans. Ce qui me frappait chez France Gall, c'était ses choix de collaboration, notamment avec Serge Gainsbourg, et le fait qu'elle ait été la muse de Michel Berger.

On peut difficilement parler d'un coup de tête, donc ?
Ce disque concrétise l'amour que je peux avoir pour cette femme, le respect que j'ai pour l'artiste et sa vie, sa pudeur par rapport à ce métier, sa discrétion. J'y pensais depuis longtemps, l'idée n'est pas venue du jour au lendemain. Je n'ai pas cherché à suivre une mode ou à profiter de ma notoriété du moment. C'est un projet que j'étais prête à assumer maintenant, au bout de six albums. Et puis j'avais envie de remonter sur scène avec de nouvelles chansons, mais pas de me lancer dans un nouveau processus créatif.

Les chansons de France Gall vous collent vraiment à la peau...
Il y a beaucoup de liberté dans ses textes que je trouve très fédérateurs. Ce serait prétentieux de me comparer à elle, mais je me retrouve vraiment dans ce qu'elle raconte. Il a quand même fallu que je m'approprie les paroles sans oublier l'interprète originale. Et c'est difficile quand on est fan de l'artiste. Mais j'ai besoin d'avoir toujours de nouveaux défis, c'est ce qui m'aide à me sentir vivante.

Vous avez cherché à contacter France Gall ?
Nous avons communiqué par contacts interposés. J'attendais d'avoir vraiment bien avancé pour lui faire écouter parce que je ne voulais pas qu'elle se méprenne sur mes intentions. J'ai eu sa validation, mais elle est restée à bonne distance. Elle m'a laissé faire comme je l'entendais, et c'est le plus beau des compliments.

"J'assume davantage mes doutes"

On dirait que The Voice vous épanouit aussi particulièrement ?
Dans les deux cas, je me nourris des rencontres, mais The Voice est un tout autre exercice qui n'est pas venu interférer dans mes choix artistiques ou personnels. Ça m'a nourri psychologiquement, même si c'était difficile de m'y prêter parce que j'avais beaucoup moins de bagage que les autres coachs. L'émission m'a redonné confiance jusqu'à un certain niveau. J'ai toujours mes doutes, mais je les assume davantage.

Et puis cette année il y a eu cette rencontre avec Olympe....
Oui, j'aime beaucoup ce garçon, comme Anthony, que j'ai revu il n'y a pas longtemps. On a créé des liens très forts, donc c'est naturel de rester en contact. Olympe rêve de faire un album pop/rock et ça lui irait bien. Il a quelque chose de lyrique qu'il faudrait garder. Je ne peux pas faire sa musique à sa place, je lui donne seulement mon avis.

Vous venez d'entamer le tournage en Corse de la comédie Les Francis. Le cinéma, c'est en vous depuis longtemps ?
Quand j'étais petite, j'aimais déjà jouer avec l'objectif, me prendre pour quelqu'un d'autre. Je n'ai pas choisi le métier de chanteuse par hasard, j'apprécie ce dédoublement. On me faisait du pied depuis longtemps et j'ai eu envie d'accepter le défi pour la première fois. Mais ça ne sera jamais mon but ultime non plus !