Dans Killing Season, vous incarnez un vétéran de la guerre de Bosnie traquant un ancien soldat américain (Robert de Niro). Comment avez-vous préparé le rôle ?

Je suis allé en Bosnie, en Croatie et en Serbie. J’ai interviewé une vingtaine d’hommes qui ont fait la guerre. Ils m’ont raconté leurs expériences respectives. C’était intéressant. Certains avaient des remords, d’autres non. Mon personnage est le fruit de l’observation de ces hommes. Il me fallait comprendre la guerre. J’ai le sentiment d’en avoir saisi l’essence. Il y a l’argent et les pays qui sont derrière pour la créer. Killing Season est un film anti-guerre. En cela, il est important.

Important et actuel… Puisque les Etats-Unis sont presque en guerre…

Oui… Et je n’aime vraiment pas ça. Nos consciences devraient nous rappeler que la guerre ne résout rien.

Quel regard portez-vous sur votre statut d’icône ?

Certains films qui véhiculent des images fortes m’ont aidé à acquérir ce statut. Mais c’est quand même dur, en tant que concerné, d’avoir du recul par rapport à cela. Je ne suis pas occupé à m’analyser en tant qu’icône mais plutôt à apprécier ça.

Quelles sont vos icônes d’ailleurs ?

Barbra Streisand, Marlon Brando, Paul Newman, Warren Beatty, Howard Hughes… D’une façon bizarre Hugh Hefner, même si son style de vie ne me correspond pas… (Il réfléchit) Il y en a plein… Fred Astaire, Gene Kelly… Meryl Streep, c’est ma préférée !

Quand vous jetez un œil à votre carrière, quelles sont vos fiertés ?

Les deux piliers sont évidemment La fièvre du samedi soir et Pulp fiction. Ces œuvres constituent les fondations qui m’ont permis d’être reconnu. Mais je suis fier de plein d’autres films comme Get Shorty, Grease, Volte/Face, Hairspray. Et Killing Season pour son message pacifiste.

Si vous pouviez remonter le temps, qu’auriez-vous dit à la version plus jeune de vous-même ?

(Rires) Tout va bien se passer ! Tu n’as pas à t’inquiéter. Sois sûr que tu es entouré des bonnes personnes.

Et tant qu’on y est dans les hypothèses… Si vous n’aviez pas été acteur, qu’auriez-vous fait ?

Ce que je fais actuellement : je pilote mon avion (il dit la phrase en français). J’aurais piloté. C’est une vieille passion que j’ai depuis l’âge de cinq ans. Elle est arrivée en même temps que le cinéma.