Au début, on a cru à une énorme blague. Un auteur anonyme qui fait le buzz sur le net, avant de trouver refuge chez un éditeur... Ca sent le coup fourré. Sauf que le livre est bon. Et même excellent. L'histoire d'un tueur imprévisible qui terrorise une ville imaginaire d'Amérique du Sud, peuplée de personnages hauts en couleurs et de références cinématographiques bien senties. En France, plus de 75 000 lecteurs ont craqué l'an dernier pour le premier tome de la trilogie. A l'occasion de la sortie du second volet chez Sonatine, celui qu'on surnomme comme son héros le « Bourbon Kid », a accepté de répondre, par e-mail, aux questions de Metro.

Quand avez-vous commencé à écrire les aventures du Bourbon Kid ?
C'était le 1er janvier 2004. Mais j'avais le personnage en tête depuis un moment. J'ai toujours été amusé par le nombre de gens qui se sentent invincibles après avoir bu quelques verres. J'ai donc crée un personnage qui après avoir avalé un shot de Bourbon, devient une personne totalement différente. Un peu comme Popeye avec ses épinards.

La ville imaginaire de Santa Mondega est-elle inspirée d'un lieu particulier dans le monde ?
Elle est basée sur l'époque où je travaillais dans un bar miteux lorsque j'étais plus jeune. Un bar qui se situait dans une ville très bizarre, plein de gens très étranges qui se déguisaient presque tous les soirs. Un soir, j'ai vu le grand Schtroumpf se faire passer à tabac par deux bonnes soeurs avant qu'Elvis et le Terminator viennent lui sauver la peau !

Les références au cinéma sont nombreuses dans vos livres. Quels sont vos classiques en la matière ?
Je suis un grand fan des films de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Parmi mes favoris je citerais « Piège de Cristal », « Leon », « LA Confidential », « Road House », « Kingpin », « Heathers » et tous les films réalisés par Tony Scott, avec une préférence pour « True Romance ».

Comment parvenez-vous à vous y trouver dans la multitude de personnages qui peuplent vos livres ? En avez-vous un favori ?
Lorsque j'écris, je déroule les différentes histoires sans arrêt dans ma tête. J'aime tous les personnages mais le plus important, c'est Sanchez. C'est lui qui tient toutes les intrigues ensemble car il met son grain de sable dans chacune d'entre elle sans tout à fait réaliser ce qu'il est en train de faire.

Ecoutez-vous de la musique pendant que vous écrivez ? Quelle est la « playlist » du Livre sans nom ?
Pour « L'Oeil de la lune », j'écoutais en boucle les mêmes chansons. « Angel » de Massive Attack, « Fix You » de Coldplay, « Bob George » de Prince et « Hoppippolla » de Sigur Ros en font partie.

« L'Oeil de la lune » se déroule pendant Halloween. Avez-vous un souvenir spécifique de cette fête ?
Oui, lorsque j'avais huit ans, ma grand-mère m'a fait regarder « Halloween » de John Carpenter. J'ai eu la trouille de ma vie.

Pourquoi avez-vous décidé de publier de façon anonyme ? Pourriez-vous briser le secret un jour ?
Je trouvais amusant de voir si les gens achèteraient mon livre sans connaître ma véritable identité. Je n'ai pas l'intention de briser le secret, mais je sais qu'il y a des journalistes qui enquêtent activement. Si l'adaptation cinématographique sort un jour, je serais peut-être tenté de dire qui je suis, pour pouvoir recevoir une invitation à l'avant-première à Hollywood. Don Murphy, le producteur de « Tueurs Nés », a acheté les droits l'an dernier. Mais même lui ne sait pas qui je suis.

Quelle est la rumeur la plus drôle que vous ayez entendu à votre sujet ?
Que je suis le Prince Charles. Si j'étais lui, ce serait logique que je publie anonymement car ma maman n'approuverait pas que j'écrive des livres aussi vulgaires.

Et la rumeur la plus proche de la vérité ?
David Bowie. Lui et moi avons un truc un commun : nous sommes d'excellents chanteurs.

Le troisième volet sera publié chez nous en juin. Y aura-t-il un tome 4 ?
J'ai écris un troisième livre sur le Bourbon Kid intitulé « Le Livre de la Mort ». Mais je l'ai fait lorsque j'étais d'humeur très sombre. La violence et les meurtres y sont insoutenables, même pour moi, si bien que je ne suis pas sûr de vouloir le sortir. En ce moment je travaille sur quelque chose de complètement différent. Mais toujours de façon anonyme.