Bottes, ciré et galette saucisse contre tongs, débardeur et pan bagnat. Sur le papier tout oppose la Route du Rock à Pantiero, deux festivals qui débutent cette semaine en France. Le premier a lieu à Saint-Malo dans le cadre historique du fort de Saint-Père quand l'autre prend place à Cannes, sur la terrasse du Palais des Festivals.
Pourtant, les deux manifestations se ressemblent bien plus que ce que l'on imagine. Leurs affiches font la part belle à la désormais sainte trinité pop, rock, electro. Mais elles misent surtout sur une originalité qui les démarque des autres festivals de l'été. Slate calculait en juin dernier que 90 % des artistes de Pantiero étaient exclusifs, contre 84 % à la Route du Rock.
Des groupes qui viennent tout spécialement en France
"Nous n'avons pas la volonté de faire différemment des autres, ce n'est pas du snobisme, nous ne cherchons pas l'exclusivité à tout prix", explique pourtant à Metro François Floret, co-programmateur de la Route du Rock. Même son de cloche pour Jean-Marie Sevain, directeur artistique de Pantiero : "On veut tout simplement faire quelque chose d’original sans regarder forcément ce qui se fait ailleurs".
Cela implique donc souvent de faire venir des groupes en France exprès pour le festival. Cette année à la Route du Rock, c'est le cas du groupe post-punk The Soft Moon. "Nous les faisons venir tout spécialement de Californie, nous finançons le voyage des membres, de leur ingénieur du son et leur logement quatre jours dans la région", détaille François Floret. Jean-Marie Sevain se paye le même luxe avec la pop psychédélique de Monogold : "ils arrivent tout spécialement de New-York et ne jouent pour le moment que chez nous".
Deux festivals main dans la main
Pourtant, cette originalité ne paye pas toujours. "Nous avons 30 % de réservations en moins que pour la dernière édition. La météo difficile des dernières années et la fréquentation touristique faible en Bretagne cette été ne nous aident pas beaucoup", explique François Floret. "Nous avions programmé Yo La Tengo en 2005 qui n'avait attiré qu'un millier de personnes ce soir là", regrette quant à lui Jean-Marie Sevain.
Les deux festivals se doivent donc d'être ingénieux pour monter une programmation avec des budgets réduits : 350 000 euros pour la Route du Rock, 130 000 pour Pantiero. Ils n'hésitent donc pas à travailler main dans la main pour programmer des groupes en commun. "On s'entend très bien avec ce festival, ce sont un peu nos cousins du Sud, l'éloignement géographique aide à ce qu'on ne se marche pas sur les pieds", se réjouit François Florent. "Si on double les possibilités de concerts, c’est plus facile pour les deux festivals de faire venir un artiste en France. On l'a déjà fait récemment avec Foals et Two Door Cinema Club", explique Jean-Marie Sevain.
Les têtes d'affiches joueront donc un rôle essentiel quant à la fréquentation des deux festivals. Orelsan, Crystal Castles, Friendly Fires et Don Rimini pour Pantiero ; Spriritualized, The XX ou encore Mazzy Star à la Route du Rock. Sans compter que cette année "les prévisions météo s'annoncent excellentes en Bretagne" selon François Floret.
- La Route du Rock, du 10 au 12 août à Saint-Malo. Réservations : 79 € le forfait 3 jours, 35 € la soirée.
- Pantiero, du 8 au 11 août à Cannes. Réservations : 55 € le forfait 4 jours, 22 € la soirée.















