Désormais une institution dans le paysage des festivals musicaux français, la Route du Rock abordait cette 23e édition avec crainte. L’année dernière avait été compliquée en terme de fréquentation et avait mis le festival en réelle difficulté. L’organisation devait donc être rassurée de voir le fort de Saint-Père presque complet dès le jeudi soir. La fréquentation totale devait ainsi dépasser les 20 000 spectateurs, très loin des 13 000 de 2012. En plus des allumés de Fuck Buttons et de !!!, c’est surtout Nick Cave qui a ravi le public dès le premier soir, grâce à sa classe et son charisme.

Le lendemain, l’ambiance sur le site était très différente. Programmer Godspeed You! Black Emperor en tête d’affiche de la soirée était malgré tout un pari plus que réussi. En déroulant leur rock bruitiste et planant en une seule plage musicale de plus d’une heure, le groupe a ravi ses fans et certainement fait mal aux oreilles des autres. En début de soirée, Efterklang s’affichait comme très convaincant sur scène, incarnant avec talent leurs disques parfois bancals.

Suuns et Hot Chip, stars de l'ultime soirée

La pluie étant l’absente remarquée (en Bretagne, difficile de considérer les rares gouttes tombées comme de la pluie), le festival pouvait se conclure par une dernière soirée du samedi en forme de point d’orgue. Après les très classieux Junip, Tame Impala ouvrait réellement les hostilités grâce à leur psychédélisme assumé. Belle introduction pour ensuite apprécier les Canadiens de Suuns, qui comptent certainement parmi ce qu’il se fait de mieux en ce moment sur la scène rock indépendante. Une musique parfois brutale, parfois dansante, souvent entrecoupée de plages planantes permettant de reprendre ses esprits.

Puis Hot Chip prenait le relais dans un registre complètement différent : une pop ultra-dansante emmenée par le chant d’un geek tout droit sorti de la série The Big Bang Theory. Pourtant la formule fonctionne on ne peut mieux et le public se prend au jeu de leurs compositions à tiroir, bien plus complexes que l’immédiateté des mélodies pourrait laisser croire. Les sept musiciens s’éclatent sur scène et cela se ressent rapidement.

Malgré quelques déceptions, notamment du côté des artistes électroniques (Disclosure ou TNGHT, peu convaincants) et du placement de la seconde scène (très près du passage menant vers la sortie et vite sous-dimensionnée), la Route du Rock montre qu’elle reste une valeur sûre année après année. Et certainement le meilleur endroit de Bretagne pour déguster une galette saucisse.