Avez-vous écrit ce livre par nostalgie de "C'est quoi ce bordel", en janvier 2013 ?
J'adorais cette émission. Elle me manque un peu, même si depuis son arrêt j'ai davantage de temps libre pour écrire. J'ai accepté l'invitation de Philippe Bouvard de participer de temps en temps aux Grosses Têtes. J'ai donc toujours un petit lien avec la radio, c'est mon média préféré. J'aime sa convivialité. Quand on l'écoute, il y a une proximité qu'il n'y a pas en télé. Les caméras me stressent.

L'émission a été diffusée sur plusieurs radios. En démarchez-vous d'autres pour la ressusciter ?
J'ai animé C'est quoi ce bordel ? sur Europe 2, pendant un an. J'ai arrêté pendant 6-7 ans. Je l'ai ensuite présentée durant quatre ans sur Europe 1, et un an et trois mois sur Rire et chansons. Je ne démarche plus les radios, il n'y en a plus tant que ça. J'en ai fait un peu le tour. Une fois, RMC m'a appelé, mais on ne s'était pas entendu sur la liberté de ton. Je voulais aussi reprendre l'émission sur le web, mais j'avais d'autres projets. J'ai l'impression que c'est tout ce que je sais faire en radio. C'est-à-dire de la radio libre, avec des potes, en faisant des conneries.

"Une vanne est un GPS à con"

Quels sont vous plus beaux souvenirs de C'est quoi ce bordel ?
Mes plus beaux souvenirs sont à Europe 1. Il y a eu des moments de délires, on a vraiment fait n'importe quoi ! J'avais invité des candidats de Koh-Lanta et on avait allumé un feu de bois dans le studio, alors qu'on ne pouvait même pas fumer à Europe 1. On avait également une grande liberté de ton, j'avais vraiment le sentiment de faire de la radio libre sur des radios périphériques. Et c'est ce qui m'amusait. Il y a de moins en moins de liberté. La preuve, on m'a viré. Je pense qu'aujourd'hui, Laurent Ruquier a une grande liberté de ton, il a un petit bastion de résistance.

Est-ce que cette tendance à vanner tout ce qui bouge est un bouclier pour vous ?
Oui, sûrement. Je le faisais avant d'avoir une notoriété. C'est une protection et un filtre. La vie est courte et une vanne, c'est un GPS à con. J'ai un côté : ''ça passe ou ça casse''. Si la personne bloque, elle ne deviendra pas mon ami parce qu'on n'a pas le même univers, le même humour. Même dans la vie, je fais des vannes assez osées et ça me pose des problèmes. Quand je suis arrivé à l'hôtel avec mon attaché de presse, j'ai demandé une chambre pour 20 minutes juste pour baiser. J'adore voir la gueule des gens, qui sont déstabilisés (rires). On ne me reconnaît pas systématiquement et même si c'est le cas, les gens sont interloqués par la violence des propos. En fait, j'adore quand les gens écarquillent les yeux !

Vous êtes connu comme le ''sniper'' du PAF, mais pensez-vous que Nicolas Bedos est votre digne successeur ?
C'est différent, c'est un auteur. Je le trouve très brillant dans ces chroniques. Rares sont ceux qui trouvent grâce à mes yeux et il en fait parti. Pour moi, c'est le meilleur moment de l'émission de Laurent Ruquier.

"J'aime être là où on ne m'attend pas"

Vous avez rejoint l'équipe de "Jusqu'ici tout va bien", l'émission de Sophia Aram que France 2 s'apprête à annuler. Quelles ont été vos motivations ?
J'ai accepté de participer à Jusqu'ici tout va bien parce que c'était une cause perdue et que ça m'amusait. Il n'y avait pas d'enjeux pour moi. Je trouvais aussi injuste la façon dont l'émission était totalement décriée. Je suis un peu le ''Darty du rire''. Je suis venu filer un coup de main. Je sais que c'est ponctuel et que ça s'arrête dans une semaine. Je n'avais jamais vu l'émission et je trouve qu'elle ne méritait pas ce qui lui arrive.

Vous vous retrouvez au ''chômage'' à partir du 20 décembre et l'arrêt de l'émission. Avez-vous d'autres projets ?
Je n'ai aucun projet à la télé et je ne cherche rien. Je refuse beaucoup de choses, mais j’ai écrit deux pièces et un film, dont le titre est La Queue entre les jambes. C'est un road-movie en Fiat 500 dans lequel je jouerai avec mon ami Pascal Sellem. Le pitch : on rentre en voiture et au lieu de prendre l'autoroute, je décide de passer par le Bois de Boulogne et là, nos vies basculent. Concernant mes pièces de théâtre, j'ai notamment écris une pièce sur deux mecs désespérés, qui se rencontrent dans un bar à Wisky. L'un s'appelle Jack, l'autre Daniel. La pièce s'appelle Jack Daniel. C'est tragicomique. Je suis mon inspiration et je ne m'interdis rien. J'aime être là où on ne m'attend pas forcément.

Un autre projet de livre ?
Je travaille sur Le Dictionnaire des anagrammes de noms propres salis par l'auteur. C'est une recherche méticuleuse et très laborieuse. Par exemple, l'anagramme de François Hollande est "lardon nocif et las". Parfois, ça sonne comme une prophétie. C'est troublant de voir que l'anagramme d'Alain Chabat est "Habite à Canal" !