A lire votre ouvrage, on vous trouve plus mordant que jamais. Et que vous avez pris le goût de balancer de plus en plus. Et de plus en plus fort...
Je préfère aujourd'hui dénoncer qu'être drôle. Peut-être pas d'être un contre-pouvoir mais en tout cas d'éclairer, plutôt que de faire rire à tout prix. C'est venu avec l'âge, je pense. J'ai eu 50 ans en février... L'une de vos confrères me disait qu'en lisant ce livre, on a l'impression que je suis de droite. Mais non, c'est parce que c'est Hollande qui est à l'Elysée. Car pendant toutes ces années où la droite était au pouvoir, on disait sans cesse que j'étais un militant de gauche. La vérité, c'est que je suis de gauche. Et que j'essaie juste d'être honnête et de faire mon métier. C'est à dire dénoncer ce qui est dénonçable dans un camp, comme dans l'autre.

Cette envie de dénoncer est-elle liée à l'actualité des derniers mois ?
Complètement. On aurait pu penser qu'après une année présidentielle, ça se serait un peu calmé. Et en fait non. Entre la bataille Copé-Fillon, l'affaire Cahuzac, absolument impensable, ou aujourd'hui les déboires de Bernard Tapie. Et aussi des faits divers comme Pistorius et sa petite amie... Il y a eu beaucoup de feuilletons, qu'on n'avait pas d'habitude.

Beaucoup de vos textes sont issus de la première partie d' "On n'est pas couché" sur France 2. Dont on entend souvent dire qu'elle est un peu longue...
Je réponds que je m'en passerais très bien. Mais les chiffres d'audiences montrent que les téléspectateurs y sont attachés. Et que quatre types qui balancent sur Twitter ne sont pas représentatifs de l'opinion. Après, je ne vais pas mentir. En relisant mes textes pour ce livre, je me suis dit que ce serait un pied de nez à ceux qui critiquent cette partie de l'émission. Que ce n'est pas un robinet d'eau tiède mais que j'y tiens un vrai discours. Tous les animateurs télé ont des auteurs. Mais tous les animateurs ne sont pas des auteurs. Moi j'en suis un. Et j'en reste un.

"Naulleau et Zemmour sont devenus des saints lorsqu'ils sont partis"

On n'est pas couché entamera à la rentrée sa 8e saison à la rentrée. Pas de lassitude ?
Pas du tout. Le fait qu'on ait changé les chroniqueurs, il y a deux ans, a redonné du piment à l'émission. Et puis je m'amuse de plus en plus à trouver des invités différents. Je m'emmerderais si je recevais Enrico Macias pour la huitième fois. Or c'est agréable de faire découvrir des auteurs, des acteurs, des chanteurs. On s'aperçoit d'ailleurs que les audiences n'en pâtissent pas.

A la rentrée, on continuera à vous entendre tous les jours sur Europe 1. Le format sera-t-il différent ?
Non mais l'émission va être décalée de 16h à 18h30, au lieu de 15h30-18h. J'avais déjà occupé cette tranche par le passé, je n'étais pas demandeur, mais la station pense que c'est une vraie contre-programmation par rapport à la concurrence.

Vous aurez de nouveaux chroniqueurs ?
Il y aura Stéphane Bak, qui est tout jeune puisqu'il n'a que 16 ans, mais aussi Enora Malagré qu'on voit tous les jours chez Cyril Hanouna sur D8...

Enora Malagré a déjà fait une pige chez vous et n'a pas été appréciée de tous les auditeurs...
Si j'avais viré tous les gens contre lesquels j'ai reçu du courrier quand je les ai engagé, je n'aurais plus personne autour de moi ! C'est le cas Pierre Bénichou, qu'on peut trouver réac, mais d'autres détestent Christine Bravo, d'autres Gérard Miller... Comme les deux que j'ai dans "On n'est pas couché". Eric Naulleau et Eric Zemmour sont devenue des saints quand ils sont partis. Mais lorsqu'ils étaient là, on me demandait tous les jours quand j'allais les dégager !

"Je me décrirais comme un paresseux qui travaille dans l'urgence"

France 2 a mis un terme à la quotidienne de "On ne demande qu'à en rire", dont vous êtes producteur. Déçu ?
Non. Ca faisait trois saisons, on aurait pu continuer un an de plus car les scores d'audiences n'étaient pas honteux, loin de là. D'ailleurs ça va être difficile pour qui que ce soit à cet horaire.

La chaine vous a proposé de reprendre la case de 18h, qui va être finalement occupée par Sophia Aram. Quel était votre projet ?
Au départ France 2 nous avait demandé un projet pour la case de 19 heures. Lorsqu'on a su que c'était finalement 18h, j'ai retiré ma candidature. Donc je n'ai jamais refusé de faire ce talk show, contrairement à ce qui a été écrit. Philippe Vilamitjana (le directeur de l'antenne et des programmes de France 2 - ndlr) nous avait demandé de réfléchir à une version quotidienne de "On n'est pas couché", avec un titre différent. Et pour laquelle j'avais tablé sur un duo Eric Zemmour-Audrey Pulvar. Mais bon, je n'étais pas demandeur, donc je ne vais pas me plaindre. J'ai une émission qui cartonne tous les jours à la radio, une émission qui cartonne à la télé le samedi soir... Je ne suis pas malheureux !

Est-ce que vous vous décririez comme un bourreau de travail ?
Pas tant que ça (sourire). Disons que je me décrirais comme un paresseux qui travaille dans l'urgence. J'ai la chance de pouvoir me lever tôt... (il réfléchit). Je crois que je cours contre l'ennui. Et c'est vrai que le fait de multiplier les activités me fait du bien.