Le Loup de Wall Street est un succès non seulement critique mais également au box-office. Mais à bien des égards, le nouveau long-métrage de Martin Scorsese ne fait pas que des heureux. Au contraire, il irrite quelques jeunes gens aux Etats-Unis, notamment les victimes qui ont souffert des crimes de Jordan Belfort dans la vraie vie. Comme Christina McDowell, la fille d’un ancien collègue de Belfort. Dans une lettre ouverte publiée dans le LA Weekley, elle accuse le réalisateur et son acteur fétiche de célébrer le comportement de celui qui ont ruiné sa vie.

Après être revenue sur des faits marquants de sa propre vie (son père lui a laissé 100 000 dollars de dettes après son emprisonnement), la victime écrit "vous êtes des gens dangereux. Votre film est une tentative imprudente de continuer à faire croire que ces escroqueries sont divertissantes alors même que le pays est encore sous le choc après les scandales qui ont, une nouvelle fois, secoué Wall Street. Que voulons-nous ? Nous perdre dans les sexcapades et les orgies de coke de ces financiers ? On le sait, c'est ce comportement-là qui a mis l’Amérique à genoux"

Avidité et misogynie

Christina McDowell, très remontée, s’adresse ensuite directement à Scorsese et DiCaprio : "Marty, vous avez été honoré par le Kennedy Center pour l’excellence de votre carrière et votre influence culturelle. Leo, vous conduisez une voiture Honda hybride. Avez-vous pensé au message culturel que vous enverrez en faisant ce film ? Vous glorifiez et alignez votre succès sur l’histoire d’un criminel accompli qui n’a pas encore restitué toutes ses victimes. Vous exacerbez notre obsession de richesse et de statut social en glorifiant l’avidité".

Toujours très en colère, la jeune femme taxe le film de misogyne : "ne me lancez pas sur la manière incompréhensible dont le film dégrade les femmes, le message misogyne et le retour en arrière que vous soutenez pour la génération de jeunes hommes…" Une chose est sûre pour Christina McDowell, rien n’est à sauver dans le film de Scorsese.