Dès son inauguration en 2006, le musée du Quai Branly s'est voulu facile d'accès. La rivière de cuir (parcours tactile unique au monde), les modules en braille, les escaliers réduits au minimum montraient le soin apporté au public handicapé. En 2010, une première Semaine de l'accessibilité a enfoncé le clou. La deuxième édition, qui commence vendredi 30 novembre, va encore plus loin. Karim Mouttalib, directeur général délégué du musée du Quai Branly, remarque : "Lors de cette première Semaine, on avait développé un parcours qui concernait un seul continent. Cette année, nous avons étendu et amélioré ce système. Tous les continents sont accessibles, et nous avons travaillé sur les quatre familles de handicap : visuel, auditif, moteur et psychique."

Anciennes et nouvelles technologies

Rien n'est laissé au hasard, que ce soit en termes d'aménagement des espaces ou d'accueil, pour que tout le monde se sente à l'aise et profite des richesses du musée. "L'accessibilité de l'offre culturelle passe soit par une adaptation du contenu, soit par des matériaux, des aides à la visite, poursuit Karim Mouttalib. Les nouvelles technologies sont très présentes dans ce domaine, et on s'est aperçus que les dispositifs pour malentendants peuvent aussi servir aux visiteurs autistes." A l'accueil, les visiteurs handicapés – mais aussi les enfants - pourront emprunter un iPad contenant une application ludique pour découvrir les collections. Un guide tactile de très belle facture vient d'être imprimé, avec des textes en gros caractères et en braille, et des illustrations d'œuvres en relief. Et l'un des chefs-d'oeuvre du musée a été reproduit en fac-similé pour pouvoir être touché : la grande statue djennenké (Xe siècle) permettra aux malvoyants de s'initier à l'art dogon.

Rencontres et projections

Pour accompagner ces nouveautés, la Semaine de l'accessibilité proposera plusieurs ateliers, projections, rencontres et concerts. Avec notamment le témoignage de Philippe Croizon, amputé des quatre membres, qui vient de traverser les cinq continents à la nage ; c'est le sujet de son film Nager au-delà des frontières, projeté le 1er décembre. Le 7 décembre, Amadou et Mariam viendront clore en musique l'événement, qui ne s'arrêtera pas là. "Ce qui nous tient à cœur, c'est de travailler de façon continue, précise Karim Mouttalib. Cette Semaine nous sert de point d'orgue pour mobiliser les énergies, de donner une visibilité, de progresser sur les questions d'accessibilité sur lesquelles on travaille en permanence."
 



A voir :
Semaine de l'accessibilité, du 30 novembre au 7 décembre au musée du Quai Branly, Paris 7e. Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. www.quaibranly.fr