Sur iTélé, vous étiez l'arbitre des échanges "virils" entre Nicolas Domenach et Eric Zemmour. Va-t-on découvrir une Léa Salamé différente dans "On n'est pas couché" ?
Oui et non. Laurent Ruquier m'a choisi parce qu'il aimait ma façon de travailler sur i-Télé, et notamment ma façon très directe de mener les interviews. Mais en rejoignant "On n'est pas couché", je passe presque à un autre métier. On va me demander de dire ce que je pense alors que jusqu'ici ma neutralité était la chose à laquelle je tenais le plus. Parfois je tiquais, peut-être qu'on percevait sur mon visage si j'approuvais ou non. Là, je vais devoir dire 'j'aime ou j'aime pas'. Mais attention, je ne vais pas jouer un rôle.

Certains de vos prédécesseurs avaient des opinions politiques très marquées. Va-t-on découvrir les vôtres ?
Suis-je de gauche ou de droite ? Désolée de vous décevoir, mais je ne suis ni Naulleau, ni Zemmour. Je suis avant tout journaliste. Après, demandez à la production pourquoi ils m'ont choisi. Moi, je me refuse à me situer. Attention, ça ne veut pas dire être tiède : je ne le suis pas. Mais contrairement à mes prédécesseurs, j'ai une approche pragmatique des choses. Je ne suis pas une idéologue, je ne suis pas une adepte du prêt-à-penser. Ce qui ne veut pas dire que vous ne sentirez pas mon avis.

Cette approche du métier est-elle propre à votre génération ? De l'aplomb en interview, mais pas d'idées politiques très ou trop marquées ?
C'est possible car c'est quelque chose que je vois beaucoup autour de moi, notamment chez les jeunes journalistes comme Thomas Sotto, Apolline de Malherbe, Myriam Encaoua ou Camille Langlade, des gens formés aux chaînes d'info. On se revendique apolitique, on n'a pas envie d'être enfermés dans une case. Et puis tous les matins, je fais l'interview politique sur France Inter dans la matinale de Patrick Cohen. Il m'appartient de garder une certaine neutralité vis-à-vis de mes invités.

"Si on ne s'entend pas avec Aymeric Caron, vous le verrez"

Vous allez former un binôme très commenté avec Aymeric Caron. A quoi doit-on s'attendre ?
Je l'ai vu une fois avant les vacances, puis une deuxième lors des essais. Je l'aborde de manière positive : les médias se sont bien amusés de ses "crises conjugales" avec Natacha Polony, mais je crois que les gens étaient un peu lassés à la fin, comme s'il rentrait dans la chambre à coucher d'un couple. Si je m'entends bien avec lui, vous le verrez. Si on ne s'entend pas, vous le verrez aussi.

Les invités confrontés aux deux "snipers" de l'émission se sentent parfois un peu piégés, même si c'est le concept. Comment abordez-vous l'exercice ? Faut-il en rajouter ? Faire preuve d'un peu de mauvaise foi ?
De mauvaise foi, sûrement pas. Comme vous dites, c'est le concept de l'émission. Nous ne sommes pas là pour poser des questions gentilles mais pour qu'il se passe quelque chose. En revanche je ne suis pas une méchante dans l'âme. J'essaierais donc de faire des interviews sans concession... mais pas méchante, non.

Qui sera votre première "victime" dans la première samedi ?
On reçoit Cécile Duflot, dans un contexte pour le moins inattendu. Je vais essayer de savoir si la sortie de Montebourg du gouvernement la ravit. Ou bien s'il s'agit d'une nouvelle concurrence pour l'autre gauche qu'elle entend représenter, au même titre que Mélenchon.

Craignez-vous de regretter le rythme effréné de l'info en continu ?
Entre France Inter et "On n'est pas couché", je suis très gâtée. J'étais très heureuse à i-Télé, je n'y étais que depuis trois ans et j'aurais volontiers signé pour une quatrième. Seulement la proposition de Laurent Ruquier ne se refusait pas. Ce qui ne veut pas dire que je ne reviendrais pas sur une chaîne info un jour.