Leonardo DiCaprio est un acteur exemplaire, qui n'a déjà presque plus rien à prouver. C'est un fait indubitable. Mais peut-on en dire autant quant à sa trajectoire de producteur ? Depuis un peu plus de dix ans, la superstar du grand écran chapeaute la production de plusieurs longs métrages via sa société Appian Way. A l'occasion de la sortie des Brasiers de la colère, second film de Scott Cooper porté par Christian Bale et Casey Affleck, qu'il a produit, Metronews vous propose de faire le point sur ses principaux chantiers. Si l'intéressé ne rentre pas toujours dans ses frais, il a au moins le mérite d'être éclectique. La preuve.

The Assassination of Richard Nixon (2004)
Budget : non communiqué / Recettes mondiales : 4,4 millions de dollars
Sean Penn, Naomi Watts, Don Cheadle... Pour son premier film en qualité de producteur chez Appian Way, Leonardo DiCaprio voit grand avec un projet ambitieux. Malheureusement, les américains ne répondent pas à l'appel. Le reste du monde non plus. Visiblement, cette énième plongée au cœur du scandale du Watergate, événement majeur qui a précipité la démission de Richard Nixon, n'apportait rien de nouveau sur la question. Ne sont pas Les hommes du président qui veulent.

Aviator (2005)
Budget : 110 millions de dollars / Recettes mondiales : 213 millions de dollars
Aviator marque la seconde collaboration entre Leo et son réalisateur désormais fétiche, Martin Scorsese. Il s'agit d'un des projets que le comédien a soutenu avec le plus d'énergie. Sur une durée de près de trois heures, le long métrage retrace dans les moindres détails la vie tourmentée d'Howard Hughes, créateur flamboyant, pionnier de l'aviation civile, milliardaire borderline, réalisateur et producteur. Dans la peau du héros, DiCaprio brille et rafle un Golden Globe.

Esther (2009)
Budget : non communiqué / Recettes mondiales : 76 millions de dollars
En voilà un projet audacieux et inattendu ! DiCaprio donne sa chance au cinéaste catalan Jaume Collet-Serra le temps d'un film de genre particulièrement efficace. Résultat ? Joli succès en France avec plus de 600 000 entrées, Esther fera un score plus timide à l'international. Pour rappel, on y découvre le visage machiavélique d'une jeune fille, à l'apparence pourtant irréprochable, qui va détruire la vie de ses parents adoptifs. Un trip horrifique jubilatoire.

Shutter Island (2010)
Budget : 80 millions de dollars / Recettes mondiales : 294 millions de dollars
Et un de plus ! DiCaprio tourne une troisième fois devant la caméra de Martin Scorsese et va mener une terrifiante enquête sur l'île de Shutter Island. Ce choix de production dénote de l'attention que porte le comédien aux personnages torturés, en proie à de profonds tourments. L'atmosphère qui se dégage de l'ensemble glace le sang, notamment quand le spectateur, en même temps que les héros, pénètrent dans les coins les plus sombres de l'hôpital psychiatrique qui tient lieu de décor principal. Belle mise pour Leo !

Le chaperon rouge (2011)
Budget : 42 millions de dollars / Recettes mondiales : 89 millions de dollars
En associant son nom à une nouvelle version du Chaperon Rouge, la star de Titanic en a surpris plus d'un. Au regard du résultat, on peut en effet se demander quelle mouche a bien pu piquer l'acteur pour se lancer dans un tel labeur. Mis en scène par Catherine Hardwicke, cette transposition sur grand écran manque de tout ; son héroïne est froide, ses décors en carton-pâte, son intrigue famélique. Le public l'a allègrement snobé. Conclusion ? On tient là un véritable semi échec.

Detachment (2012)
Budget : non communiqué / Recettes mondiales : non communiqué
Courageux ! Longtemps mis sur la touche, Detachment marque le retour du cinéaste Tony Kaye, à qui l'on doit l'inoubliable American History X. 215 000 entrées en France et 72 000 dollars glanés Outre Atlantique. Autant dire que le bilan est désastreux. Pourtant, le long métrage, un peu appuyé et sur-symbolique, dresse l'émouvant portrait d'un professeur neurasthénique qui effectue un remplacement dans un lycée sensible. Adrien Brody, impérial, trouve ici l'un de ses plus beaux rôles.

Players (2013)
Budget : 30 millions de dollars / Recettes mondiales : 62 millions de dollars
Après les revers du Chaperon Rouge, sur le plan artistique, et Detachment, sur le plan financier, Appian Way rebondit mal et s'en va soutenir le très médiocre Players. Le pitch ? Richie (Justin Timberlake), étudiant à Princeton, aime le poker. Quand il se fait plumer par un site en ligne, il tape à la porte de son charismatique dirigeant (Ben Affleck). Malgré son casting, ce thriller à deux de tension n'emballe ni la critique, assassine, ni le public, qui décide à juste titre de le zapper.

Le Loup de Wall Street (2013)
Budget : 100 millions de dollars / Recettes mondiales : 117 millions de dollars (exploitation en cours)
Dès que Leo s'associe à Scorsese, c'est le succès assuré ! Depuis sa sortie à la fin du mois de décembre dernier, ce portrait au vitriol d'un trader sous acide met tout le monde d'accord, ou presque. On ne peut que féliciter le courage du comédien, qui a pris le risque de participer à la production d'une œuvre de trois heures où l'on entend 522 "fuck". Le long métrage a déjà réuni 2 millions de spectateurs en France et bénéficie d'un bon bouche à oreille.