Pourquoi avoir appelé votre nouvel album "Chaud" ?
D'abord parce que j'adore me conjuguer au masculin, et puis "Je suis chaud", c'est une phrase que je prononce tous les jours. Ça veut dire que je suis hyper motivée de faire un truc. Ça fait longtemps que j'attend que l'album sorte enfin, donc je n'ai pas cherché très longtemps un titre.

A quel point votre collaboration avec Matthieu Boogaerts a-t-elle changé votre façon de travailler ?
J'aime beaucoup son travail, il me rend crédible et légitime. Sur le premier album, j'étais trop dans la démonstration, je ne savais pas trop si j'étais à ma place. Cette rencontre me donne confiance, je suis devenue une sorte de muse et ça me rebooste complètement, je ne me pose plus 10 000 questions. Mon but c'était d'affiner mon rôle d'interprète, Mathieu m'a fait un album sur mesure qui me permet d'exprimer toute ma palette d'émotions. J'affirme mon style, et ça ne dérange pas d'être uniquement interprète, au contraire.

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Avec des titres comme "Le feu au cul" ou "Polka", vous explorez une facette osée qu'on ne connaissait pas chez vous...
Je ne me cache pas, je peux être piquante et dans la provocation. Ça me plait de chanter dans ce registre et je n'ai pas à en rougir. J'assume le texte et ma façon de le chanter. J'ai souvent des phrases légères, mais je ne me vois pas dans la vulgarité, j'aime bien glisser sur ce terrain et ça met souvent mal à l'aise les gens. Même si les sujets abordés peuvent paraître grossiers, il y a une manière d'écrire qui reste fine. Ce n'est pas évident pour tout le monde, mais il y a une seconde lecture, ce n'est pas du tout lourd.

Après "Nouvelle Star", avez-vous éprouvé quelques difficultés à vous imposer ?
La télé et la surmédiatisation ne sont pas forcément faciles à gérer. J'ai été cristallisée par mon image de "Nouvelle Star". Je me demandais tout le temps si je n'avais pas pris la place de quelqu'un, j'avais besoin de démontrer quelque chose. Aujourd'hui, j'ai beau garder une dose d'excentricité et de folie, aimer des choses décalées, je maitrise l'équilibre et je le fais parce que j'ai envie de le faire. Je ne suis plus une caricature de moi même.

C'est dur de trouver cet équilibre ?
J'ai toujours eu un côté punk, donc pour moi, il était hors de question de me séparer des chansons les plus excentriques. Je suis quelqu'un de très émotive, je peux traverser des phases très différentes et changer totalement de personnalité selon les moments. Je crois sur ce disque, l'unité reste la voix.

"Avec Nouvelle Star, j'ai pris conscience de mon corps"

Depuis le premier album, vous êtes aussi métamorphosée physiquement, comment l'analysez-vous ?
Je n'ai pas de problème à en parler. Je reviens avec un style musical plus affiné, et j'ai changé de mode de vie en quittant le cocon familial. Je grignote moins et je fais plus de sport. J'ai surtout pris conscience de mon corps. Avec "Nouvelle Star", j'ai pris conscience que j'étais grosse. J'aimais bien mes rondeurs, j'étais à l'aise avec les autres, mais j'ai vu que c'était un problème pour certains. Avec le changement de vie radical, j'ai réglé des problèmes émotionnels. Aujourd'hui, je crois que ça colle bien avec cet album, je vis une seconde adolescence, je me sens plus femme. Quand on passe à la télé, on nous parle forcément beaucoup de physique.

Certaines émissions comme "The Voice" promettent pourtant le contraire...
"The Voice" est un concept faussé pour moi. D'abord parce que le jury est souvent plus content quand il voit quelqu'un de beau physiquement et ensuite, c'est le public qui vote et qui privilégie souvent l'apparence. C'est chouette si ça peut faire évoluer les mentalités, mais je n'y crois pas.

Vous avez aussi démarré en parallèle une carrière de comédienne, qu'est-ce que ça vous apporte ?
Pour l'instant, je ne me sens pas du tout légitime parce que je n'ai aucune formation. Je me sens plus proche du théâtre, mais c'est un domaine vers lequel j'aimerais beaucoup me diriger. Je pense que c'est lié parce que j'aime la théâtralité des mots, je suis quelqu'un de cinéphile. Tout me fait rêver, mais quand j'étais au collège, je rêvais d'intégrer le cours Florent et de partir en tournée à travers le monde. Aujourd'hui, avec la musique, je fais quand même quelque chose qui s'en rapproche. Mais je n'ai pas envie qu'on m'appelle juste parce que j'ai fait "Nouvelle Star".

Votre look fait-il toujours autant partie de votre personnage ?
Oui, mais je ne me considère pas comme une fashion victim, parce que je n'ai pas l'impression d'être à la mode. J'ai plutôt envie de mettre des vêtements qui vont me faire marrer ou me donner bonne mine. Mais je crois que de ce côté là aussi je me suis assagi. Dans ma vie personnelle, j'adore les habits, porter des couleurs, et sur scène j'ai envie de briller. Ma musique serait totalement différente si je n'avais pas cette panoplie. Il y a toujours une césure entre la Lucie de tous les jours et la Luce artiste. Je suis beaucoup plus patiente et à l'écoute dans mon boulot que dans ma vie quotidienne.

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