Attila Ambrus. Ce nom ne vous dira sûrement rien. Et pourtant, vous vous rappelez sans doute de Jacques Mesrine, l’ennemi public numéro un, tombé sous les balles policières porte de Clignancourt à Paris le 2 novembre 1979. Voici son alter ego hongrois donc, Attila, dit "le voleur au whisky", du fait de son penchant pour le Johnnie Walker label rouge… Sa vie ressemble à une fiction bien noire et déjantée. C’est pourtant la réalité et le parcours détonnant de ce voyou que les médias ont surnommé "Le Robin des bois des pays de l’Est", que nous raconte Julian Rubinstein.

C’est qui ?
Julian Rubinstein n’est pas un journaliste comme les autres. Son travail, il le vit pleinement, c’est-à-dire en immersion totale, un procédé d’enquête dont il est devenu un spécialiste. Il a ainsi passé du temps au sein de tribus amazoniennes du Brésil ou dans un groupe canadien de Hell’s Angels. Il a publié dans le New Yorker, le New York Times, Rolling Stone, et bien d’autres grands médias américains. Ce natif de New York a 46 ans et un véritable talent d’enquêteur et de conteur, qui lui a valu plusieurs récompenses, des prix journalistiques comme littéraires.

Ça parle de quoi ?
Voici donc la vraie vie d’Attila Ambrus. Ce dernier a cumulé bien des petits boulots originaux, tels que fossoyeur, contrebandier ou… gardien de but professionnel d’une équipe de hockey sur glace. Avant de se dédier à un métier plus risqué, mais qui rapporte plus : braqueur de banques. Né en Transylvannie, il débarque à Budapest en 1988. Le début de la légende. Car Attila est un véritable gentleman cambrioleur, offrant des fleurs aux employées des banques attaquées ou laissant des bouteilles de champagne à ses poursuivants. Une véritable chasse à l’homme se met en branle pour l’arrêter, menée par un flic inconditionnel de… Columbo.

Pourquoi on aime ?
Un roman-enquête, une fiction du réel, une biographie romancée, cet ouvrage ravira les amateurs de polar tant ce qu’il y dépeint est inimaginable. Au point que si Julian Rubinstein avait inventé toute cette histoire, on l’aurait pris pour un fou. Vous l’aurez compris, tous les ingrédients sont réunis pour un livre qu’on a peut-être du mal à classer dans un genre précis (fiction ? réalité ?) mais fort bien écrit, qui se dévore et qui vous plonge dans un monde parallèle, entre Jacques Mesrine et La Panthère Rose. Un livre qui a tapé dans l’œil d’un certain Johnny Depp, qui en a racheté les droits et qui envisage d’interpréter le rôle principal sur grand écran.

La ballade du voleur au whisky, de Julian Rubinstein, traduction Clément Baude. Ed. Sonatine, 384 pages, 22 €. Retrouvez la revue Alibi dans toutes les bonnes librairies et sur Twitter (@Alibimag).