Comment s'annonce ce cru 2014 ?
Plutôt bien ! On a de sacrés personnages et talents. On est content. On a hâte que les primes commencent parce qu'il y a encore du lourd cette année ! On sent qu'avec Internet, les jeunes écoutent de tout. C'est impressionnant ! Ils écoutent Asaf Avidan, Lady Gaga, Rihanna, Ed Sheeran et beaucoup de Piaf aussi. Cette année, on a eu aussi beaucoup Nina Simone. Maintenant, les gens qui veulent chanter sont attirés par toutes les cultures, de toutes les époques.

Pour vous, qu'est-ce qu'une Nouvelle Star ?
Ce n'est pas qu'une voix ! Bien sûr, ça compte, mais une belle voix n'est pas forcément clean et pure. Il peut y avoir des choses plus veloutées, voilées ou écorchées. C'est l'émotion qui me touche avant tout. La voix est l'âme de quelqu'un. C'est aussi une histoire d'attitude, de façon de respirer, de regarder. Il y a beaucoup de choses qui jouent. Il y a des artistes qui chantent bien, mais ne dégagent pas grand-chose.

Est-ce toujours aussi difficile pour vous d'éliminer un candidat ?
C'est très dur. C'est moins difficile durant les castings parce qu'il y a des évidences et on sait que l'on doit être assez redoutable et tranchant. Quand on arrive à l'épreuve du théâtre, c'est plus difficile. On connaît déjà les candidats et c'est très compliqué de les évincer. Ce n'est pas l'étape que je préfère. Pour un téléspectateur, il y a ce suspense qui peut être passionnant. Pour eux, c'est monstrueux !

"Il n'y a absolument aucun malaise avec mes collègues"

Cette année, y a-t-il eu beaucoup de désaccords avec les autres membres du jury ?
Oui. On n'a définitivement pas la même façon d'écouter de la musique, mais tant mieux ! On n'a pas la même sensibilité quand on écoute les choses. Forcément, on s'engueule quelques fois. Je trouve que quand il y a matière à débat et que ça se castagne un peu, ce n'est pas plus mal. On s'entend pourtant super bien ! Tous les quatre, on est vraiment potes. Le courant passe très bien et on rigole.

Pourtant dans une interview au micro de Jean-Marc Morandini sur Europe 1, vous avez déclaré regretter le manque de contact avec Sinclair et André Manoukian, hors caméras...
C'est n'importe quoi ! Je soupçonne un journaliste d'avoir laissé traîner un micro, hors antenne, alors que j'étais en train de dire que j'étais une grande affective. Je m'attache beaucoup aux candidats et j'aime bien qu'après le dernier prime, il y ait une suite. Cette année, sur ma tournée, j'ai eu envie d'accueillir des chanteurs de la Nouvelle Star de l'année dernière. Mais on n’est pas tous forcé de réagir comme ça. Morandini revendique le fait d'être une langue de pute, ça se confirme. Je disais vraiment ça sans aucune méchanceté vis-à-vis de mes collègues que j'aime vraiment beaucoup. Il n'y a aucun malaise. C'est un buzz qui n'existe pas. Certains médias ont un côté pas très bienveillant. Cela dit, je m'en fous un peu. Ça fait parler de l'émission !

Vous faites référence à un micro, qui a traîné hors antenne. Avez-vous fait cette déclaration à l'antenne ou en off ?
Je n'en sais rien. J'ai bien dit ça, mais j'ai voulu simplement expliquer que mes collègues, une fois que le Théâtre était fini, rentraient chez eux. Contrairement à moi ou Olivier Bas, ils n'ont pas le besoin que ça se prolonge et n'ont pas de contacts plus affectifs avec les candidats. Je me suis dit : "est-ce que c'est parce qu'André fait ça depuis 10 ans et Sinclair, depuis 3-4 ans ?" Il n'y a absolument aucun malaise avec mes collègues. C'est ce qui est ressorti dans la presse et c'est débile !

"On m'a proposé de l'argent pour que j'arrête de chanter"

Avez-vous toujours des contacts avec la gagnante de l'an passé, Sophie-Tith ?
Sophie-Tith est venue faire un duo avec moi sur scène, à Nogent-sur-Oise. Elle est retournée à l'école, elle est débordée. Elle pense à son prochain album et elle fait beaucoup de choses. Elle doit avoir la tête farcie ! Je pense qu'il ne faudrait pas trop la presser comme un citron, sinon je pense qu'elle va devenir folle ! En tout cas, c'est un diamant. C'est très rare !

L'émission vous rappelle-t-elle parfois votre premier casting ?
Mon Dieu, si je m'en souviens ! J'ai participé à un télécrochet, c'était affreux. Ça s'appelait ''Voulez-vous jouer'', en Belgique. Pendant que vous chantiez, le public devait huer s'il n'aimait pas et applaudir, s'il vous aimait. Si vous aviez plus de huées, vous aviez une barrière qui montait. Avant la fin de la chanson, si elle arrivait au bout, vous étiez éjecté. Si par bonheur, les gens applaudissaient, la barrière restait en bas. J'ai eu autant de hués que d'applaudissements, j'ai donc pu aller jusqu'à la fin de la chanson, qui s'appelait ''J'ai le trac''. La barrière est cependant arrivée au bout, je n'ai donc pas pu revenir dans l'émission. Je suis partie en disant : ''fuck !'' (rires). J'en ai vécu des vertes et des pas mûres ! Un jour, on m'a même proposé de l'argent pour que j'arrête de chanter. Quand je chantais dans les restaurants, un mec m'a donné des sous car il disait que je chantais trop fort et que je l'empêchais de manger.