Maya peut être fière. Le Studio 100, qui travaille sur la série 3D de la petite abeille, ressemble à une véritable ruche. Dans cette boîte de production parisienne, une centaine de personnes s'activent tout azimut. Après dix-huit mois de travail, c'est la dernière ligne droite : le dessin animé sort à la rentrée sur TF1.

Des parents nostalgiques
Née en 1912 sous la plume de l'écrivain allemand Waldermar Bonsels, Maya a déjà été l'héroïne d'une série d'animation en 1975. Diffusée pendant de nombreuses années, elle a marqué les quarantenaires et les trentenaires d'aujourd'hui. « Bien sûr, nous comptons sur un effet de nostalgie, explique Jan Van Rijsselberge, directeur artistique du Studio 100. Mais c'est aussi un vrai défi. Il faut être à la hauteur des attentes des parents et des enfants. Niveau qualité, nous avons donc mis la barre très haut.» Pour y arriver, le chemin a été très long.

Une prairie réaliste et poétique
Dans un premier temps, Maya a été confiée à un designer. Crayon à la main, il a fait subir à l'insecte un sérieux lifting. « Maya est libre, généreuse, spontanée, bourrée d'énergie. Ses traits de caractère devaient ressortir », raconte Daniel Duda, le réalisateur de la série. Un travail identique a été mené sur son vieux pote Willi et sur leurs nouveaux copains, comme Lara la coccinelle ou Shelby l'escargot. Sans parler de la pléthore de figurants, il faut du monde pour faire une ruche.
Le décor a également fait l'objet d'une attention particulière. L'histoire se déroule dans une prairie alpine et toutes les plantes et les fleurs sont botaniquement exactes. Pas de triche donc sur le nombre de pétales d'une valériane. « L'ambition est de faire réaliste et poétique en même temps », dixit Daniel Duda.

Caméras fictives et montage
De leur côté, les scénaristes ont imaginé de nouvelles histoires, plus dynamiques que celles de la série originale. Une fois écrites, elles sont transposées en storyboard. Pour chaque séance de 11 minutes, quatre cents dessins décrivent scène par scène l'épisode. Ces dessins fixes seront montés en animatic pour un premier rendu. Dans le même temps, les couleurs sont finalisées. Objectif : coller au réel et donner l'ambiance du dessin animé. Miel, ocre... toute la palette des jaunes y passe.
Arrive le stade de la 3D. Les végétaux et les accessoires sont modélisés. Stockés dans une banque de données, ils peuvent être utilisés à souhait.
Puis, c'est le layout. Les personnages sont mis en place dans les décors. Des caméras fictives prennent les différents plans qui seront montés après. Un peu comme des prises de vue réelles.

Délocalisation en Inde
Place ensuite à l'animation. Mais à raison de 25 images par seconde, l'équipe française avait bien besoin d'aide. Une partie de la production a donc été délocalisée à Bombay, où une trentaine d'animateurs planchent quotidiennement sur le projet.
Enfin, lors du compositing, les différents plans sont assemblés, les dernières retouches sur la lumières effectués. Au final, la jolie Maya a pris un sacré coup de jeune. De quoi rendre aussi accro les parents.