Comment vous sentez-vous à quelques jours de la finale de "Danse avec les stars" ?
Franchement ? Fatiguée. Le travail cette semaine est assez costaud, et je suis tombée un petit peu malade. Mais bon, rien grave. C'est le cas de tout le monde : après toutes ces semaines, on commence à être claqués et il y a un peu de stress pour samedi. Ce n'est pas tant l'idée de remporter le trophée que le fait de devoir monter trois chorégraphies, plus le mégamix. Résultat ça fait beaucoup de boulot et j'espère que la qualité sera au rendez-vous.

Au début de l'émission, vous compariez votre préparation pour l'émission à celle que vous pouviez effectuer pour des Jeux Olympiques. Arrivée au bout, trouvez-vous "Danse avec les stars" plus difficile que les compétitions sportives ?
Il y a plusieurs choses à prendre en compte. Au niveau du timing, c'est vraiment très serré, à tel point que chaque semaine ressemble à une course contre la montre. Je n'avais pas cette pression-là quand je patinais. J'avais des mois pour préparer une chorégraphie, et toute la saison après pour la modifier, l'améliorer. Ensuite physiquement ce n'est pas plus compliqué. Quand je patine, j'ai l'impression de me dépenser beaucoup, mais je n'ai pas à me soucier de l'interprétation autant que pour cette émission. C'est ça qui me fatigue. Il faut être focalisée sur la tête, les pieds, les bras, les hanches, le cou... Tout ça pour moi n'est pas naturel.

Comme Brian Joubert, votre expérience du patinage vous a-t-elle permis d'être à l'aise d'emblée dans l'émission ? Et de vous donner l'impression de pouvoir l'emporter ?
Le patinage nous a surtout apporté la rigueur. Le fait d'avoir un objectif, de bosser pour l'atteindre, c'est quelque chose qu'on connaît bien, c'est la discipline du sportif de haut niveau. Apprendre une chorégraphie, c'est quelque chose qu'on connaît, même si effectivement le timing n'est pas le même. C'est vrai aussi qu'on a l'habitude de danser avec un partenaire, de travailler en équipe. Après les jambes, la technique... Je me sens bien sur des patins quand ça glisse... et je ne me sens toujours pas bien sur un parquet de danse, même après trois mois d'entraînement. Dans cette émission, on prétend être des danseurs. Mais on ne l'est pas vraiment.

"Je me suis faite quitter, on peut le dire"

Au fil des émissions, vous avez justement appris à "prétendre", à afficher des émotions, d'un extrême à l'autre. Vous avez ressenti cette progression ?
Totalement. Sans doute parce que j'ai développé une vraie complicité avec mon partenaire, Christophe Licata. Je me sens bien avec lui, j'ai l'impression de pouvoir aller loin.

Vous parlez de Christophe, mais il a remplacé Grégoire Lyonnet votre partenaire au début. On a beaucoup parlé des raisons supposées de son départ... Mais vous, comment l'avez-vous vécu ? Ça vous a fait peur ?
Oui, ça fait flipper de se faire "quitter", un peu comme dans la vraie vie. Je me suis faite quitter, on peut le dire. Après, il est libre. Il a ses raisons, il a pris sa décision et je voulais qu'il soit bien avec lui-même. Et pas que quelqu'un le pousse à faire quoi que ce soit. Il m'a dit que c'était sa décision, et qu'il se sentait bien comme ça. Moi, j'avais juste à l'accepter. Donc oui, j'ai été surprise, triste aussi. Au début j'avais peur que ça vienne de moi, il a fallu se remettre en question. Finalement dès que Christophe est arrivé, on s'est remis au boulot, parce que cette émission reste une course contre la montre.

En direct, les juges sont parfois très durs avec les candidats. Est-ce une pression supplémentaire ?
C'en est une, oui. Mais je suis ravie, même quand les critiques sont négatives. Ça sert pour la semaine d'après, si on a la chance de continuer. Et puis j'ai l'habitude de me faire juger. Hier sur la glace, aujourd'hui sur le parquet. Surtout que ce sont des mecs qui s'y connaissent. Entre nous ce ne sont pas des "branques" (rires). Je me souviens du premier compliment de Pietragalla et j'étais hyper touchée. Surtout qu'il n'arrivait qu'en cinquième semaine !

La finale, vous y êtes. Autant la gagner, non ?
Ce n'est pas le plus important. Quand j'ai commencé, j'espérais au moins faire la moitié. Je me disais que passer le mois d'octobre, ce serait cool. Et puis lorsque j'ai senti que ça se passait bien avec Christophe, c'est vrai que j'ai eu envie d'aller au bout. Pour continuer à bosser avec lui, pour continuer à me mettre un challenge. C'est la dernière semaine donc quelque part j'ai déjà gagné. Trophée ou pas trophée, ça ne changera pas ma vie. Ce que je n'aimerais pas, c'est mal danser, faire trop d'erreurs pour une finale. Je veux proposer quelque chose de qualitatif.

"Je ne vais pas devenir actrice et je n'ai pas d'album à vendre"

Une autre victoire, c'est le fait d'avoir préservé votre vie privée, dans une émission où on demande aux candidats de beaucoup se dévoiler. C'était important ?
J'en ai déjà parlé plusieurs fois et je le redis : je viens du milieu du sport, où on n'étale pas sa vie privée en dehors des lieux d'entraînement et des compétitions. Bien sûr, nous sommes des êtres humains. On a des émotions, des sensations, on peut en parler. De là à étaler sa vie privée... C'est un truc que je n'arrive pas à comprendre. Dans cette émission, je trouve qu'on parvient bien à cerner la personnalité des gens, à montrer comment ils travaillent, comment ils s'entendent. Ca, pas de problème. En revanche raconter nos petites histoires... Dans le deuxième prime, où il fallait parler de sa vie personnelle, j'ai choisi d'aborder ma relation avec Fabian (Bourzat, son ancien partenaire de patinage – ndlr) car ça avait du sens. C'était une manière de le remercier pour les 14 ans qu'on a passés ensemble. En revanche je n'allais pas choisir ma vie privée... parce que c'est ma vie privée ! Après chacun fait ses choix. Peut-être que ça peut aider. Peut-être que ça se passe comme ça dans le showbiz. Mais moi je n'aime pas trop ça.

Qu'aimeriez-vous faire après cette émission ? Est-ce qu'elle vous a donné des envies de télé ? De faire pourquoi pas l'actrice ?
Non, non, je ne vais pas devenir actrice ! Je n'ai pas d'album à vendre et je ne vais pas écrire un bouquin, si ça peut vous rassurer (rires). Moi je me sens bien lorsque je suis chez moi, dans le monde du sport. J'ai envie de rendre au patinage tout ce qu'il m'a apporté et si je peux travailler à la Fédération Française des Sports de Glace, ou au Comité national olympique, je serais heureuse. Et je me sentirais légitime. Après, tout s'enchaîne depuis ma retraite. Là, je vais faire la tournée Danse avec les stars. Et puis je me poserai pour réfléchir. Faire des commentaires sur Eurosport, ça me plaît, travailler pour Stade 2 aussi. J'ai l'impression que c'est cohérent. Je ne veux surtout pas me prendre pour une autre.