Ça y est, c'est officiel. Netflix vient de confirmer son arrivée en France ainsi que dans cinq autres pays européens à la rentrée prochaine. "En septembre, nous lancerons Netflix en Allemagne, France, Autriche, Suisse, Belgique et au Luxembourg", écrit le groupe dans sa lettre trimestrielle à ses actionnaires. Si l'arrivé du service américain de vidéo à la demande est une bonne nouvelle pour les utilisateurs, sa présence soulève beaucoup de questions en France, où les groupes de télévisions sont obligés d'apporter une participation financière à la production dans le pays. Cela crée des inquiétudes à la fois sur le financement du cinéma français, mais aussi sur une potentielle concurrence déloyale de Netflix face aux groupes de télévision existants.

Soupçonné de vouloir contourner la législation française en offrant ses services depuis un autre pays européen, le groupe américain se défend. "Nous n'essayons pas de contourner quoi que ce soit", a affirmé Reed Hastings, le directeur général de Netflix. Nous cherchons à faire des investissements en France", a-t-il assuré, évoquant la possibilité d'une "grosse production française" qui pourrait aussi être exportée à l'étranger. "Nous voulons donner aux contenus français une voie pour sortir partout dans le monde"

50 millions d'utilisateurs

Netflix avait lancé son premier service de streaming (visionnage en direct sur Internet) en 2007 aux Etats-Unis, mais sa croissance a explosé ces dernières années pour en faire l'un des premiers sites de vidéo en ligne dans le monde. Il a annoncé lundi avoir franchi pour la première fois la barre des 50 millions d'abonnés, avec 50,05 millions d'utilisateurs fin mars répartis entre 40 pays.

Si la grosse majorité (35,67 millions) reste aux Etats-Unis, Netflix est aussi présent en Amérique Latine et a beaucoup investi ces dernières années en Europe, où il s'est lancé en 2012 au Royaume-Uni, en Irlande, au Danemark, en Finlande, en Norvège et en Suède, puis en 2013 aux Pays-Bas. Au deuxième trimestre, Netflix a enregistré un bénéfice net de 71 millions de dollars, plus que doublé comparé aux 29,5 millions dégagés un an plus tôt. Son chiffre d'affaires a bondi sur la même période de 25 % à 1,34 milliard de dollars.

Présenté comme l'eldorado des fans de séries télé, Netflix met cette performance sur le compte de ses contenus originaux et notamment sur le lancement ce trimestre de la deuxième saison de sa série en milieu carcéral Orange is the new black. Cette dernière est d'ailleurs devenue la série la plus regardée dans toutes les régions où Netflix est présent.