Ils seront placés à 10 mètres les uns des autres, le long des berges de Seine, et danseront à intervalle régulier au même rythme pendant 10 minutes. Une expérience inédite pour ces agents municipaux auxquels Julie Desprairies a demandé de rendre leur vision de la ville en gestes. 

Pourquoi avoir choisi des agents municipaux comme danseurs ?

C'était une commande de la mairie de Paris, qui voulatit organiser une parade le long de la Seine pour rendre hommage aux différents métier de la ville. Mais je voulais éviter ce côté folklorique que peut avoir un défilé, j'ai donc revu le projet à ma manière en décidant de les faire danser et de m'inspirer davantage de la cité que de leurs métiers. 

Comment traduit-on une ville en mouvements chorégraphiés ?

Il fallait d'abord qu'ils s'approprient Paris, c'est-à-dire les immeubles, les mouvements urbains, les monuments historiques...  On voit la ville où l'on vit, mais finalement on ne la regarde pas vraiment. Ensuite, je leur ai demandé de s'attacher à un élément précis du paysage qu'ils voient devant eux sur les berges : un arbre ou une façade par exemple, ça se "danse" différemment.

Comment s'est passée la préparation?

Mon souci premier était qu'ils ne soient pas ridicules, ce ne sont pas des professionnels et nous n'avons répété que trois fois ! Neuf danseurs les ont formés, non pas à des techniques de danse mais à connaître leur corps, les différentes parties qu'ils peuvent mobiliser. A partir de là, on pouvait commencer à penser à des mouvements, une rythmique pour retranscrire la force d'un bâtiment, un élément plus petit, etc.  

Chacun invente donc sa propre danse…

Oui, car leur interprétation est différente à chaque fois. La seule chose commune c'est ce tour à 360° qu'ils doivent faire en dansant, pour donner cette idée de borne dans la ville. Un effet souligné par cet alignement le long de la Seine, tous les 10 mètres. Ils se sont trouvé des points de repère visuels pour danser au même rythme pendant les dix minutes.

Vont-ils évolué avec leurs habits de travail ?

Non, ça me rappelait trop cette idée première de défilé. Ils seront habillés dans un camaïeu de couleurs claires et vives. Et nous avons scotché sur leurs habits une bande réfléchissante qui permettra de repérer in vivo le niveau de la crue historique de la Seine en 1910, comme une toise urbaine. Elle sera éclairée par les bâteaux mouches.

"Paris à l'infini (danse)", de 19h à 23h10, cinq représentations de dix minutes toutes les heures.

Visible depuis l’esplanade du Trocadéro, la pelouse parallèle au cours la Reine entre le pont Alexandre III et le pont de la Concorde, la passerelle Léopold-Sédar- Senghor et le pont Royal, le quai Saint-Bernard, le jardin Tino Rossi, le pont de Sully, l’esplanade de la BNF et la passerelle Simone de Beauvoir.

Petit conseil : pour profiter au mieux de la chorégraphie, postez-vous sur un pont.