Dans le milieu du documentaire, il y a eu un avant et un après Shoah. Par sa durée, déjà : il fallait bien neuf heures et demie pour diffuser les témoignages des témoins de l'Holocauste, survivants comme bourreaux. Pour sa portée, ensuite : personne n'a su raconter avec tant de force la plus grande barbarie du XXe siècle sans avoir recours à la moindre image d'archive.

Le making of du plus grand docu sur l'Holocauste

Claude Lanzmann n'a jamais été nominé aux Oscars pour l'un de ses films, mais il fait partie des membres votants de l'Académie depuis 2013. Cette année, c'est en tant que sujet que le réalisateur de 90 ans assistera pour la première fois à la cérémonie, le 28 février prochain : il est le héros d'un film d'Adam Benzine, Claude Lanzmann : spectres de la Shoah, nominé à l'oscar du meilleur court-métrage documentaire. Benzine y retrace la façon dont l'ancien compagnon de Simone de Beauvoir a réalisé Shoah, film qui lui a demandé douze ans de travail, cumulant interviews et reportages dans quatorze pays et quatre ans de montage pour agencer des centaines d'heures de rushes.

Les autres films nominés dans cette catégorie méconnue sont : A Girl in the River : the Price of forgiveness, sur les crimes d'honneur au Pakistan ; Body Team 12, sur les équipes qui ont recueilli les victimes d'Ebola au Liberia ; Chau, beyond the lines sur le combat d'un jeune Vietnamien handicapé qui veut devenir styliste ; et Last day of Freedom, un film d'animation sur un vétéran souffrant de syndrome post-traumatique et condamné à mort.

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