Tous ceux qui ont clamé "We love Mandela" dans leur œuvre sont Sud-Africains, à l'exception du Britannique Richard Stone. Et tous, Richard Stone compris, ont voulu faire partager "l'expérience qu'ils ont vécue avec Mandela ou l'idée qu'ils se font" du premier président noir de l'Afrique du Sud, explique Natalie Knight, conservatrice de l'exposition. Parmi eux, plusieurs ont été contraints de travailler dans la clandestinité pendant l'apartheid.

Un sommet pour les portraitistes

Nelson Mandela figurait "tout en haut" de la liste de personnalités que Richard Stone, portraitiste d'Elizabeth II et de Margaret Thatcher, voulait peindre. "Ce fut mon expérience la plus intimidante" et "le plus grand privilège qui me soit jamais donné", confie-t-il. "Mon objectif était de saisir un peu de l'âme de ce grand homme. Et Mandela a ouvert "une petite fenêtre de son âme" lors de six séances de pose organisées dans son bureau, en 2008 à Johannesburg, explique-t-il devant une copie du portrait représentant Mandela dans une chemise colorée, souriant, les yeux pétillants. Le portrait a été vendu aux enchères en 2008 pour environ 480 000 euros, lors d'un concert célébrant les 90 ans de Mandela à Londres.

Des détournements surprenants

L'exposition compte également de nombreuses caricatures du dessinateur sud-africain Zapiro, dont une représentant Mandela assis dans un carrosse aux côtés d'Elizabeth II dans les rues de Londres. Pour Natalie Knight, le dessin résume à lui seul "l'importance de Mandela dans le monde". Une oeuvre représente le poing tendu de Mandela, symbole de sa lutte, une autre une adaptation de la Cène, où il fait figure de Jésus entouré de "ses" disciples, Gandhi, Martin Luther King, Rosa Parks... L'exposition avait été reportée à plusieurs reprises à cause de l'état de santé de Nelson Mandela, hospitalisé en mai et désormais chez lui dans un état stationnaire. Elle sera prochainement présentée à Paris.

We love Mandela, jusqu'au 16 octobre à l'ambassade d'Afrique du Sud, Londres.