La 47e édition du festival de jazz de Montreux, situé au bord du Lac Léman, en Suisse, a trouvé une fois de plus son équilibre entre tradition et innovation, malgré la mort de Claude Nobs en janvier dernier. Du côté de grands noms du jazz, Leonard Cohen a ouvert, à 75 ans, le festival le 5 juillet sur la scène de l'auditorium Stravinski. L'auteur d'"Hallelujah" n'en est pas à son premier Live in Montreux, celui-ci remonte à 1976, neuf ans après la première édition du festival. De la même génération que le Canadien, le chanteur et pianiste italien Paolo Conte au grain de voix éraillé apportait à la programmation de cette édition une touche nostalgique en interprétant, entre autres, sa composition de 1981 "Via con me", devenue un thème jazz, plus connu sous le titre "It's wonderfull".

Expression libre et régénérante

La nouvelle vague du jazz promet encore de belles années au festival. Le contrebassiste israélien Avishai Cohen, à 43 ans est un des compositeurs les plus influents de sa génération. Il s'est produit le 10 juillet au Club avec son quartet (contrebasse, batterie, piano, saxophone) ; une formation qui distille un jazz épuré et sensuel, parfois à la lisière de la musique classique, aux accents méditerranéens avec un drum très présent.

Très différent, mais tout aussi vivifiant, le jazz vocal de Gregory Porter s'est exprimé pour la première fois à Montreux le 8 juillet. Le refrain de "1960 what ?" doit encore résonner sur les berges du lac Léman. Cet acteur américain de 42 ans a commencé sa carrière musicale il y a à peine trois ans avec un album très remarqué, Water, situé entre la soul de Marvin Gaye et le jazz de Nat King Cole. Ben Harper, en s'associant à l'harmoniciste Charlie Musselwhite, a renoué, quant à lui, avec la plus pure tradition blues sur la grande scène Stravinski le 11 juillet.

Prince, une figure de proue évidente

Le rock, descendant du jazz, décliné dans ses versions blues (ZZ top), pop (Sting, Woodkid, James Morrison) ou encore garage punk (The Hives) ; l'électro (2 Door Cinema Club) ; le reggae (Hollie Cook) ; la soul (Randy Crawford, Alex Hepburn) ; et même l'axé, la musique traditionnelle du carnaval de Salvador de Bahia (Claudia Leitte), n'étaient pas en reste. Une diversité musicale qui a fait la renommée du festival de Montreux. Prince, aux influences multiples était une figure de proue plus qu'évidente. Ces trois concerts – samedi, dimanche et lundi derniers – ont ravi tant les puristes que les néophytes.

D'ici dimanche 21 juillet, date de la fin du festival, Montreux accueillera sur la grande scène Diana Krall (jeudi 18), Deep Purple (vendredi 19), Joe Cocker (samedi 20) et Marcus Miller (dimanche 21). Le dimanche, nous conseillons vivement le Closing Night du Club pour partir sur une note de latin jazz avec le pianiste Chucho Valdés, le digne héritier de Bebo de Cuba.