Sacré Chat ! Toujours là où il peut poser son gros museau rond et son humour à froid, avec quelques coups de griffe au passage. Le voilà qui s'approprie les tout nouveaux locaux du Musée en Herbe, très convivial musée pour petits et grands qui vient de déménager rue de l'Arbre sec, à Paris, tout près du Louvre.

Pour leur toute première expo, les jeunes visiteurs peuvent admirer des toiles originales de grands maîtres, et pas les plus anodines : un portrait de Mao par Warhol, un Picasso période cubiste, un Lichtenstein, un petit penseur de Rodin... Avec, tout à côté, leur réinterprétation par le Chat. Le grand noir de Soulages, les éclaboussures de Pollock, les graffiti de Basquiat ou les flous de Monet sont autant de traits distinctifs sur lesquels joue le félin philosophe, avec malice et à-propos.

Daniel Buren n'a pas voulu de l'hommage parodique de Geluck

Si tout est très bon enfant et très bien vu, le tableau le moins réussi est aussi le plus photographié de l'expo. La Joconde repeinte par Geluck n'est qu'une grande copie avec une tête de Chat. La sculpture est mieux représentée, avec notamment une série improbable, et hilarante, de Vénus de Milo. La célèbre statue sans bras se retrouve parée de pansements, de flèches, tous prétextes à jeux de mots. Car le Chat parodie aussi les titres des œuvres : l'Angélus de Millet devient ainsi l'Angélus de Milou, avec un chien qui aboie au loin... Mention spéciale à l'origine du bleu de Klein, qu'on vous laisse découvrir en images.

Monet et Warhol ne sont plus là pour apprécier (ou non) l'hommage amical de leur confrère Geluck, mais Daniel Buren, qui lui est bien vivant, a fait part de son refus ferme de figurer dans cette exposition. Geluck s'est permis un clin d'œil avec les rayures blanches et noires (signature artistique de Buren) d'un passage piéton, ce qui n'a pas plu à l'artiste. Deux échanges de courriers en témoignent, qu'on peut lire... dans les WC du musée. Sacré Geluck.

A VOIR AUSSI >> Take me (I'm yours), l'expo parisienne où tout doit disparaître